Agriculteurs en colère: un accord sur des aides à court terme en Belgique

Agriculteurs en colère: un accord sur des aides à court terme en Belgique
Agriculteurs en colère: un accord sur des aides à court terme en Belgique - © SOPHIE KIP - BELGA

La Concertation de la chaîne agroalimentaire a dégagé un accord, après plusieurs semaines de négociations, sur un système d'aides à court terme pour les secteurs laitier et porcin d'un montant de respectivement 46 et 30 millions d'euros, a-t-elle annoncé lundi.

La Concertation va également travailler à l'élaboration d'un mécanisme interprofessionnel structurel afin de stabiliser les prix sur le long terme.

Cette aide à court terme porte sur une période de six mois.

Pour les producteurs laitiers, elle correspondra à un supplément d'environ 2,7 centimes d'euro par litre de lait. La mesure est analogue à l'initiative qui avait été mise en place en 2009 pour répondre à une précédente grave crise dans le secteur laitier.

Pour le secteur porcin, l'aide sera allouée sous la forme d'un montant forfaitaire par truie présente au sein des exploitations porcines.

"Ce qu'on fait ici est unique en Europe avec la mise en place d'un système d'aides à court terme d'un total de 76 millions d'euros, ce qui est conséquent. Et pour le long terme, nous voulons essayer d'innover au niveau interprofessionnel et trouver un mécanisme qui permette de mieux stabiliser les revenus des agriculteurs", a déclaré au cours d'une conférence de presse Piet Vanthemsche, président de la Concertation de la chaîne agroalimentaire belge.

Les partenaires de la chaîne entendent mettre sur pied ce mécanisme à long terme dans six mois, dès la fin de l'aide directe allouée aux producteurs laitiers et porcins.

"Un accord historique"

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Willy Borsus, a salué cet "accord historique" : "L'accord présenté aujourd'hui est historique car il a un impact immédiat à court terme, avec une revalorisation du prix de lait, mais il présente également des éléments sur le long terme, ce qui était absolument nécessaire", a réagi M. Borsus, cité dans un communiqué.

Willy Borsus ajoute qu'il "continue à travailler sur d'autres aspects", notamment sur une concertation avec le secteur bancaire, ainsi que sur la préparation, avec les ministres régionaux de l'Agriculture, du conseil extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture, prévu le 7 septembre prochain.

Le ministre remercie enfin les citoyens. "Depuis quelques mois, on a pu observer une solidarité du grand public pour les agriculteurs et une adhésion au principe d'une rémunération saine pour l'agriculture. Avec cet accord, le prix de la brique de lait en magasin va augmenter pour le consommateur. Je tiens à les remercier d'avance pour cet effort consenti par tous les Belges pour permettre à nos agriculteurs de travailler dans de bonnes conditions", conclut M. Borsus.

Un accord utile mais "la réponse doit venir de l'Europe"

L'accord est utile mais la réponse aux problèmes conjoncturels et structurels du secteur laitier doit venir de l'Europe, a réagi lundi le ministre wallon de l'Agriculture.

René Collin rappelle avoir plaidé à plusieurs reprises pour que tous les maillons de la chaîne alimentaire apportent un soutien significatif aux producteurs. "Le lait est trop régulièrement bradé à un prix qui ne reflète aucunement ni sa valeur comme matière première et produit essentiel à l'alimentation de tous, ni le travail qu'il exige, au quotidien, de nos éleveurs", souligne le ministre wallon.

René Collin assure que la Wallonie apportera "sa totale collaboration" à faciliter la mise en œuvre de l'accord.

Dans ce contexte, M. Collin indique avoir rencontré lundi, à sa demande, le Commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, en association avec son homologue flamande, Joke Schauvliege et le ministre fédéral de l'Agriculture Willy Borsus.

Les trois ministres belges ont ainsi plaidé auprès du Commissaire pour que les agriculteurs bénéficient de liquidités le plus rapidement possible, pour que l'argent issu du superprélèvement revienne à l'ensemble du secteur laitier et pour que le relèvement du prix d'intervention soit "enfin décidé, simplifié et prolongé, tenant compte de la réalité des marchés et de la croissance des coûts de production". Parmi les demandes belges figurent également la création d'une compensation pour les agriculteurs qui feraient l'effort de diminuer leur production, le renforcement des actions de promotion des produits laitiers financées par l'UE ainsi que des propositions de mécanismes structurels de régulation de l'offre.

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