Charles Michel doit-il partir dès la rentrée? "Arrêtons les petits jeux de Zorro masqué", dit Laruelle

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Dans les pages du quotidien "Le Soir" d’aujourd’hui, un groupe anonyme de 6 ministres, anciens ministres et parlementaires MR, réclament le départ de Charles Michel de la présidence du Mouvement Réformateur, dès la rentrée. "Charles Michel donne des signaux selon lesquels il entend rester jusqu’au premier décembre. Pour nous, il faut qu’il parte avant cela", dit l’un d’entre eux dans le quotidien.

Interrogée, par Rachel Crivellaro dans l’émission Matin Première, la nouvelle Présidente du Sénat, Sabine Laruelle se dit surprise et un peu déçue de cette sortie anonyme dans la presse. "Le MR a besoin d’autre chose que ça. Autant, on peut être très franc, trash, très clash en interne d’un parti, autant je considère que sortir dans la presse sans dire qui on est, sans l’avoir dit au parti avant, et je n’ai rien entendu de tel, j’en ai un peu marre. Si les gens ont des choses à dire en interne au MR, qu’ils le disent en interne à visage découvert", a-t-elle réagi.

Pour elle, "nous avons besoin d’être en ordre de marche, au MR, pour démarrer les négociations. Ce n’est pas quand un bateau arrive au port, qu’il faut commencer à changer l’équipage. Il faut arrêter ces petits jeux de Zorro masqué".

La Présidente du Sénat, en appelle à avancer dans les négociations et à mettre en place des gouvernements. "C’est ça le signal de l’électeur. Le MR est un grand parti. Le MR est le deuxième parti. On doit se faire respecter en tant que tel. Ce qu’il faut, c’est former des gouvernements et garder de la sérénité."

Le MR dans l’opposition à Bruxelles? "Un non-respect du signal de l’électeur"

Aujourd’hui, la Région bruxelloise a son gouvernement, composé du PS, d’Ecolo, de DéFI et de l’Open VLD. Le MR est donc dans l’opposition. Pour Sabine Laruelle, c’est dire que le signal de l’électeur n’a pas été respecté. "Ce n’est pas le problème d’avaler des couleuvres ou pas. Nous avons besoin de cohérences très fortes entre les entités fédérées en termes de mobilité et de développement économique. Nous avons besoin de mesures sur le climat, de mesures sociales, du développement économique. La Région bruxelloise n’est pas une île perdue dans un océan. Il y a un lien très fort entre la Région bruxelloise et la Région wallonne."

Quant à la méthode employée par les libéraux, les socialistes parlent de chantage et de mépris pour les institutions bruxelloises, faisant ainsi référence à la tentative du parti de Charles Michel de vouloir intégrer le gouvernement bruxellois en fin de négociation et la pression qu’il a exercée sur l’Open Vld pour y arriver. "Le mépris n’est pas là où on le pense. Le mépris, c’est de ne pas avoir essayé de négocier avec le MR. Le mépris, c’est de faire une note Coquelicot à la Région wallonne, en disant que la société civile est essentielle, sans avoir invité le MR dès le départ. Arrêtons ce petit jeu de phrases assassines. Réécoutons le discours du Roi. Pour Bruxelles, c’est une occasion manquée d’avoir un programme porteur pour les Bruxellois et les Wallons."

Elle ne parle pas non plus de trahison de la part de l’Open Vld. "Ce n’est pas une question d’être redevable. C’est de dire comment peut-on répondre aux aspirations de l’électeur. Ce n’est pas rentrer pour rentrer. C’est de dire comment pouvait-on avoir des projets porteurs cohérents, qui se parlent de Régions à Régions pour donner un vrai projet au citoyen ?

 

 

"Oui, c’est possible de négocier avec Ecolo"

Le MR a donc démarré des rencontres exploratoires avec le PS et Ecolo, avec sur la table, la note Coquelicot. Des points de convergence sont-ils possibles ? "L’objectif d’une négociation est de faire des pas vers l’autre. Ce n’est pas à un parti de faire le chemin tout seul. Ce n’est pas dire au MR de signer la note coquelicot. Le MR a son programme. Voyons comment on peut avancer. Il y aura des discussions difficiles, mais c’est là aussi où un politique peut grandir. C’est de pouvoir dépasser les points de blocage et de voir comment avancer pour le bien des citoyens."

Durant la campagne électorale, le MR avait attaqué Ecolo, déclarant notamment que les Ecologistes voulaient taxer la viande. D’après Sabine Laruelle, cela n’empêche pas de pouvoir, aujourd’hui, travailler avec les écologistes. "L’objectif d’une campagne est de clarifier certaines choses pour que l’électeur puisse faire un choix éclairé. Maintenant, la campagne est finie. Les forces en présence sont connues. Le but aujourd’hui est de dire mettons-nous autour de la table, et en fonction des forces en présence, dépassons nos clivages et forts de ces différences, comment peut-on transcender ces différences afin de mettre en place un projet. C’est ça une démocratie."

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