Aggravation de l'effort budgétaire: "On n'a pas le choix", explique Charles Michel

Le Premier ministre Charles Michel a justifié vendredi l'aggravation de l'effort budgétaire au fédéral par des raisons d'ordre technique. "Les réformes qui modifient structurellement l'économie amènent des prévisions fiscales plus difficiles", a-t-il souligné à à nos confrères de Bel RTL, de New York, où il participe à l'assemblée générale des Nations unies.

Continuer à améliorer la situation

Le chef du gouvernement ne s'est pas exprimé sur l'opportunité de repousser l'objectif d'un retour à l'équilibre prévu pour 2018. La priorité va à la remise en ordre des comptes publics pour l'année prochaine. "On n'a pas le choix", indique-t-il, soulignant que la première équation à résoudre était d'"identifier l'ampleur de l'effort pour 2017". L'objectif est de "confirmer les engagements européens, de continuer à améliorer la situation".

La question de l'équilibre budgétaire doit faire l'objet d'un "débat au sein du gouvernement", a estimé M. Michel réservant sa position aux discussions qui sont menées au sein de son équipe. "Il est très important de lancer le plan d'investissement, de mettre le budget sur les rails et de prendre encore des mesures sur l'emploi", a ajouté le Premier ministre.

Résultat désastreux d'une politique qui montre son inéfficacité

Au CD&V, on attend des explications sur la détérioration des prévisions. "Moins de recettes fiscales, une adaptation de l'index plus rapide que prévue. Certains éléments méritent une analyse approfondie. Il est important que nous ayons une discussion avec les ministres concernés et que nous évitions un débat sur la place publique car il est important qu'à l'aune des explications fournies nous puissions examiner comment remédier à la situation", a analysé le vice-premier ministre Kris Peeters sur Radio 1 (VRT).

Le trou dans la Sécurité sociale trouve notamment son origine dans l'indexation des allocations sociales qui aura lieu plus rapidement que prévu. Mais la ministre Open Vld des Affaires sociales Maggie De Block n'en démord pas. Pour elle, il faut tendre vers l'équilibre budgétaire. "Ajourner (cet objectif) ne résoudra rien", a-t-elle maintenu sur Radio 1.

L'opposition fait, elle, une autre analyse de la situation. Sur La Première (RTBF), le député PS Ahmed Laaouej a estimé que le dérapage budgétaire était "le résultat désastreux d'une politique fondée sur une idéologie qui montre son inefficacité". Sur Twitter, il a dit maintenir l'analyse selon laquelle il manque 10 milliards d'euros au fédéral d'ici 2018.

"La rage taxatoire du gouvernement De Wever-Michel conduit à l'impasse budgétaire", estime pour sa part le président de DéFI, Olivier Maingain. Selon le bourgmestre de Woluwé-Saint-Lambert, cet "échec budgétaire" est imputable aux "mauvais choix économiques du gouvernement" qui a tout misé sur la compétitivité des entreprises au détriment du pouvoir d'achat des travailleurs et de la politique d'investissement.

Le député Ecolo Georges Gilkinet a évoqué, lui, des "chiffres non crédibles" et des "mesures fiscales qui ne fonctionnent pas". Selon lui, avec les mesures du gouvernement, l'économie est "victime de l'austérité et de l'absence de vision".

La cheffe de groupe cdH Catherine Fonck fustige les problèmes de "calculette" du gouvernement alors que le trou budgétaire est passé de 2,4 à 4,2 milliards d'euros. "Verlan ou calculette?", se demande-t-elle sur Twitter.

La N-VA a oublié de gérer la caisse

Le sp.a pointe du doigt la N-VA du ministre des Finances Johan Van Overtveldt. "La N-VA était tellement centrée sur elle-même cet été qu'elle a oublié de gérer la caisse. A présent, il y a un trou de 4 milliards. Et qui paiera une nouvelle fois?", s'interroge le président des socialistes flamands John Crombez. "Les gens paient de plus en plus de factures depuis deux ans. Où est passé cet argent?", se demande-t-il sur Twitter. "Parce que le déficit n'a cessé de s'accroître et le déficit se situe en grande partie au niveau du département des Finances du ministre Johan Van Overtveldt. Pour nous, ce n'est pas une surprise, mais c'est dramatique", a-t-il ajouté sur Radio 1.

Enfin, Groen constate également que "le déficit vient tout à coup de doubler, c'est d'un cynisme absolu". Pour le député Kristof Calvo, "les gens ont été contraints à quantité d'efforts et aujourd'hui le gouvernement nous conduit au gâchis". Il se demande combien de temps "le ministre Van Overtveldt va encore semer la pagaille budgétaire".

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