Agents soudanais invités par Francken: Nollet veut faire revenir Charles Michel de New York

C’est dans un climat tendu que le Parlement fédéral fera sa rentrée ce jeudi. En cause, Theo Francken (N-VA). Le virulent secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations a en effet invité une délégation soudanaise pour identifier une centaine de réfugiés arrêtés dans le parc Maximilien. Une décision qui fâche sur les bancs de l’opposition. Et pour en parler au micro de Thomas Gadisseux, le chef de groupe des Verts au fédéral, Jean-Marc Nollet.

Une affaire très grave

Des Verts remontés contre l’élu N-VA et qui n’ont pas hésité à demander le retour du Premier ministre Charles Michel (MR) de New York où il tente de convaincre les membres de l'ONU de désigner la Belgique parmi les nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité.

"Dès que mon collègue Benoît Hellings a appris ce qu’il se passait ici en Belgique avec l’arrivée de ces émissaires soudanais, a demandé, non pas à Théo Francken, car, lui, on sait que cela ne sert à rien, mais au Premier ministre de venir s’expliquer au Parlement le plus vite possible sur ce que nous considérons comme une affaire très grave. Et cela en vertu d’un article qui permet aux parlementaires de demander la présence des ministres concernés", explique Jean-Marc Nollet.

Collaboration entre la Belgique et le Soudan, un pays dictatorial

Le limogeage de Théo Francken serait-il à l’ordre du jour ? Jean-Marc Nollet n’y va pas par quatre chemins : "Au contraire de ce que fait Theo Francken, nous accordons un droit à la défense. Nous demanderons – et je parle du Premier ministre – des explications concernant la collaboration entre la Belgique et le Soudan, un pays dictatorial".

"Nous ne pouvons pas accepter que la Belgique s’appuie sur les services policiers et secrets d’un pays qui est une dictature islamiste et qui va permettre à ce pays de mettre en prison les familles des opposants qui ont fui le pays. La semaine dernière, le secrétaire d’État a dit qu’il voulait 'nettoyer' le parc Maximilien. Cette semaine on sait comment, en utilisant les services d’un État dictatorial."

Mettons-nous dans les années 39-40

Collaboration, le mot est lâché. Et Jean-Marc Nollet d’enfoncer le clou : "Mettons-nous dans les années 39-40. Cela voudrait dire que l’on ferait venir en Belgique, les services secrets, la police allemande. C’est ce genre de situation que nous vivons aujourd’hui. C’est pour cela que nous sommes indignés et que nous voulons que Charles Michel soit conscient de ce qu’il se joue".

Des propos qui s’inscrivent dans la lignée de ceux de la présidente d'Ecolo Zakia Khattabi dans les colonnes de nos confrères du Soir.

La réforme des pensions en question

Mais il n'y a pas que Theo Francken qui irrite les Verts, il y a également la grande réforme des pensions de Daniel Bacquelaine (MR). Une (r)évolution qui traîne, qui bloque sur différents dossiers, le système à points a été mis au frigo.

"Les écologistes ont pu mettre la main sur le document interne au gouvernement qui fait état des décisions d’ordre budgétaire sur le secteur des pensions. Dans ce document, il y a un montant officiellement annoncé, celui des économies à réaliser sur le dos des pensionnés de plus de 50 ans ou sur les futurs pensionnés."

"À côté de cela, dans les annexes à ce document on peut se rendre compte qu’il y a une mesure pour l’année suivante qui vise à de nouvelles économies à hauteur de 253 millions d’euros. Dix fois plus importantes que celles qui sont aujourd’hui en débat. Or, les écologistes ont des solutions à cet énorme défi, car il ne faut pas nier le problème", souligne Jean-Marc Nollet.

L'occasion de remettre sur la table le plan Tandem prôné par Ecolo, un projet professionnel intergénérationnel pour faciliter à la fois l’activation des jeunes travailleurs et rendre moins pénibles certaines fins de carrières. Une mesure qui, "contrairement au plan du ministre des Pensions Bacquelaine, ne coûterait rien", selon des Verts remontés contre un exécutif qu'ils considèrent coupable de lenteurs : "Le gouvernement traîne et il a fait une erreur, il a by-passé la commission pensions et les partenaires sociaux. Ce que nous demandons c'est que le gouvernement offre le temps à cette commission de se relancer et prenne en compte ses conclusions et l'avis des partenaires sociaux. Car ce n'est qu'avec un consensus que nous pourrons relever cet énorme défi des pensions."

(Re)voir en intégralité l'intervention de Jean-Marc Nollet dans Matin Première :

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