Affaires étrangères piratées: l'espionnage serait d'origine russe

Le bâtiment des Affaires étrangères
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Le bâtiment des Affaires étrangères - © Archive RTBF

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a confirmé samedi l'introduction, le week-end dernier, dans le système informatique du SPF Affaires étrangères d'un virus malin "pour copier des informations et des documents liés à la crise ukrainienne". Une plainte a été introduite auprès du parquet fédéral. Georges Dallemagne (cdH) est immédiatement monté au créneau pour dénoncer le retard mis dans la libération d'un budget de 10 millions d'euros promis par le gouvernement fédéral pour la cybersécurité.

Ce n'est pas la première fois que la Belgique est visée par des cyberattaques. A plusieurs reprises, le ministère des Affaires étrangères a été infiltré. Notamment par la NSA, l'agence américaine de sécurité nationale.

Le ministre des Affaires étrangères, en coordination avec le Premier ministre Elio Di Rupo, a demandé que "le service ICT du Département aidé par le SGR mène une analyse la plus précise possible de l'étendue des dégâts ainsi que de l'identité des intrus", indique-t-il dans un communiqué. Selon lui, les conclusions de cette première phase de réaction serviront à prendre les mesures de nettoyage et de protection du réseau nécessaires.

Elio Di Rupo suit le dossier "de très près"

Le Premier ministre Elio Di Rupo affirme samedi suivre "de très près", avec les autres ministres concernés et les services compétents, le dossier lié à l'intrusion d'un virus dans le système informatique des Affaires étrangères. Une plainte a été déposée auprès du parquet fédéral et l'enquête est en cours, annonce Elio Di Rupo dans un communiqué.

Le Premier ministre dit aussi s'être assuré auprès du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders que "le service ICT de son département met tout en œuvre, en collaboration avec le Service de renseignement militaire, pour analyser l'ampleur du problème, restaurer l'intégrité du système informatique concerné et renforcer la sécurité du réseau des Affaires étrangères." Rappelant la stratégie nationale de cybersécurité, dans le cadre de laquelle 10 millions d'euros supplémentaires ont été dégagés, le Premier ministre appelle à ne pas se montrer "naïf". "Aucun investissement supplémentaire en cybersécurité n'immunise totalement les autorités publiques ou une organisation contre les attaques cybernétiques ou les activités d'espionnage", insiste-t-il. "Une vigilance constante et une réaction rapide en cas d'infraction sont également nécessaires. Tous les services et personnes qui travaillent dans notre pays sur la cybersécurité font le maximum."

Le cdH dénonce

Georges Dallemagne dénonce depuis plusieurs années les failles de nos systèmes. Le député cdH regrette que les 10 millions d'euro promis par le gouvernement fédéral pour la cybersécurité n'aient toujours pas été débloqués, à deux semaines des élections

"Un problème qui est traité avec trop de légèreté"

"Cela fait maintenant plus de six ans que l’on sait que le ministère des Affaires étrangères est régulièrement piraté. Il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme. Nos institutions, les entreprises et les citoyens sont à la merci de hackeurs, de sabotage, d’espionnage. Il faut accélérer la mise à disposition de ressources, d’experts et des moyens pour pouvoir mieux lutter contre ce problème qui est traité avec trop de légèreté pour l’instant, notamment par les services du Premier ministre, puisque c’est lui qui a la main sur ce dossier-là."

Cette semaine, Elio Di Rupo se montrait optimiste sur la possibilité d'encore trouver un accord au sein du gouvernement. Un accord pour débloquer l'enveloppe de 10 millions d'euro avant le 25 mai.

Aline Gonçalves avec agences

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