Affaire Dutroux: multiplication de (fausses) rumeurs concernant des tentative d'enlèvement de mineurs

À Dour, des enfants âgés entre 5 et 9 ans avaient été portés disparus, mais il s'est avéré qu'il s'agissait d'une fausse alerte.
À Dour, des enfants âgés entre 5 et 9 ans avaient été portés disparus, mais il s'est avéré qu'il s'agissait d'une fausse alerte. - © Tous droits réservés

Ces dernières semaines, l’affaire Dutroux est revenue, de manière épisodique, hanter les colonnes des médias. La libération de Michel Lelièvre, la mort de Michel Nihoul et les discussions en cours autour de la libération de Dutroux lui-même, tant d’éléments qui font revivre aux belges les heures les plus sombres de l’histoire judiciaire de leur pays. 

À Bruxelles, cette résurgence a fait foisonner des rumeurs sur les réseaux sociaux à propos de tentatives d’enlèvement d’enfants. Quatre plaintes ont été déposées ces trois dernières semaines concernant des enfants à la sortie de l’école ou sur le chemin de l’école, à Schaerbeek, Neder-Over-Heembeek, Evere et Woluwe-Saint-Pierre. Pour chaque cas, une enquête a été ouverte, et les différentes zones de police disent prendre ces affaires “très au sérieux”.

Des images de caméras de surveillance ont été visionnées, et certains enfants ont déjà été auditionnés. Aussi, dès qu’un témoignage apparaît sur les réseaux sociaux, la police procède à une vérification et contacte les personnes concernées, afin qu’elles portent formellement plainte (c’est ainsi que la plainte d’Evere a abouti). En revanche, d’après une source bien informée, rien ne laisse à penser qu’un lien existe entre ces différentes affaires, ni qu’il faille faire preuve d’une prudence particulière. 

Ce que l'on peut affirmer avec certitude en revanche, c'est que le contexte est propice à ce genre de rumeurs. C’est ce qu’explique Aurore Van Winkel, spécialiste des rumeurs à l’UCL. “Étant donné qu’on a reparlé de l’affaire Dutroux dans l’actualité, les gens sont replongés dans l’histoire avec ces faits horribles qui ont eu lieu dans les années nonante. Certaines personnes s’inquiètent, et quand on s’inquiète on a tendance à diffuser énormément d’informations ou en tout cas discuter du sujet sur les réseaux sociaux et avec ses proches”. 

Coup de frayeur à Dour

Mais la panique ne s’est pas limitée à Bruxelles: à Dour, une enquête pour tentative d’enlèvement avait également été ouverte au début du mois, suscitant de nombreuses réactions au sein de l'entité et sur les réseaux sociaux. Elle concernait quatre mineurs, âgés entre cinq et neuf ans.

Les autorités ont pris le cas “très au sérieux”, comme l’a expliqué le parquet de Mons, même s’il s’est finalement avéré qu’il s’agissait d’une fausse alerte. “Les enfants ont pris peur suite à une incursion dans un champ de culture, et ils n’ont pas osé dire à leurs parents qu’ils étaient tombés, tout simplement”, explique Patrice Degobert, chef de corps de la zone de police des Hauts Pays. “Pour éviter les remontrances, ils ont inventé cette histoire d’enlèvement". 

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