Affaire Chovanec : Jan Jambon se défend et admet une "faute de communication"

Affaire Chovanec : Jan Jambon se défend et admet une "faute de communication"
Affaire Chovanec : Jan Jambon se défend et admet une "faute de communication" - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Sous pression depuis plusieurs jours, Jan Jambon, N-VA, a souhaité expliquer ce qu’il savait exactement des circonstances du décès de Jozef Chovanec. Le ministre-président flamand s’est exprimé lors d’une conférence de presse ce samedi 29 août.

Jan Jambon était ministre de l’Intérieur à l’époque de l’arrestation de Jozef Chovanec à Charleroi en février 2018. Le ressortissant slovaque est décédé quelques jours après cette arrestation musclée, au cours de laquelle plusieurs policiers semblent avoir adopté un comportement inadéquat. Les images vidéo publiées récemment montrent notamment un policier qui exerce une pression de plusieurs minutes sur la poitrine de Jozef Chovanec tandis qu’une jeune policière effectue un salut nazi.

Au cours de cette conférence de presse, Jan Jambon a affirmé n’avoir commis aucune faute en tant que ministre de l’Intérieur dans cette affaire. Son cabinet a fonctionné correctement à l’époque des faits d’après lui. Tout au plus admet-il une "faute de communication" ces derniers jours.


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Selon le nationaliste, les images apparues dans la presse en 2020 n’avaient jamais été mentionnées ou montrées auparavant. "Nous n’avions aucune connaissance de ces images en 2018". Lorsque ces images font surface, Jan Jambon déclare avoir demandé à ces anciens collaborateurs si celles-ci leur rappelaient quelque chose. "Personne n’a jamais fait le lien entre ces images et le dossier de 2018 qui s’est avéré être celui de l’affaire Chovanec". En d’autres termes, Jan Jambon était bien au courant du décès d’un homme suite à une opération policière. Mais il estime n’avoir jamais pu se rendre compte de la gravité potentielle des faits.

Par ailleurs, l’ancien ministre de l’Intérieur se retranche derrière l’enquête judiciaire lancée quelques jours après le décès de Jozef Chovanec. "Il y avait une enquête en cours. A partir de ce moment, ce n’est plus l’affaire du ministre de l’Intérieur. Il doit, dès lors, s’abstenir d’intervenir. La suite de l’enquête est aux mains du pouvoir judiciaire." Il s’agit pour Jan Jambon d’un "élément crucial dans toute cette histoire".

Jan Jambon a bien rencontré l’ambassadeur slovaque

Toute cette semaine, de nombreuses questions se sont posées sur la possible rencontre entre Jan Jambon et l’ambassadeur Slovaque en poste à Bruxelles en 2018. Un rapport du SPF Affaires étrangères mentionne effectivement cette rencontre au cabinet Jambon, le 2 mars 2018. Cette rencontre impliquerait que Jan Jambon était bien au courant de l’affaire. Or, il d'abord affirmé ne pas avoir connaissance de l'affaire Chovanec avant de dire qu'il ne s'en souvenait plus.

Ce jour-là, l’ambassadeur Stanislav Vallo a bien été reçu par deux de ses collaborateurs, confirme Jan Jambon.

Mais, avoue Jan Jambon, une rencontre entre cet ambassadeur et le ministre lui-même a bien eu lieu au sujet de cette affaire., le 30 mai 2018. "Je ne me souviens pas de cette réunion." Jusqu'ici l'entourage de Jan Jambon avait toujours déclaré qu'il n'avait jamais rencontré personnellement l'ambassadeur. 

L’ambassadeur aurait déclaré dans la presse que le ministre Jan Jambon ne lui avait fourni aucune information supplémentaire sur les circonstances du décès de Jozef Chovanec. "Je n’en n’avais pas la possibilité, ni le droit en raison de l’enquête judiciaire". Cette réunion s’est tenue le 30 mai 2018, jour de l’attaque terroriste à Liège, précise le ministre-président flamand en guise de contexte. "Mon attention s’est entièrement portée sur les attaques à Liège, ce qui explique, en partie, pourquoi je ne me rappelle pas cette courte conversation."

Une faute de communication

Jan Jambon dit regretter ne pas se souvenir de cette affaire datant de 2018. C'est la raison pour laquelle il aurait, selon lui, fait des déclarations à la presse qui se sont révélées fausses. "Je déclare la main sur le cœur, que je n’ai jamais, jamais, eu l’intention de trahir la vérité", insiste le ministre-président flamand.

Jan Jambon admet tout de même avoir commis une erreur de communication dans cette affaire en faisant "des déclarations hâtives". Dans un premier temps, il a effectivement déclaré à VTM n’avoir jamais entendu parler de cette affaire. "J’assume cette faute."

Mais pour Jan Jambon son cabinet a traité ce dossier correctement. "Aucune faute n’a été commise et je n’accepte donc pas que des gens fassent circuler toutes sortes d’accusations, avec les informations actuelles sur ce dossier qui n’étaient pas disponibles à l’époque."

Jan Jambon n'a donc, pour l'instant, pas l'intention de démissionner. Il reconnaît cependant être personnellement affaibli par cette affaire. Le ministre-président flamand est attendu mardi prochain en commission à la Chambre pour répondre aux questions des députés. 

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