Affaire Chovanec : à la VRT, sa veuve accuse les autorités belges et la juge d'instruction

Henrieta Chovanec (interview VRT)
2 images
Henrieta Chovanec (interview VRT) - © Tous droits réservés

Interrogée en Slovaquie (en anglais) par une équipe de la VRT, la veuve de Jozef Chovanec dénonce : "Personne ne pourra me rendre mon mari, mais peut-être que tout ceci pourra sauver quelqu’un d’autre de ces bêtes". Henrieta Chovancova explique qu’elle a définitivement perdu toute confiance dans les autorités belges : "Tout le monde se protège, donc je ne pouvais faire autrement que de sortir ces images sur la place publique". C'est donc bien son initiative avec ses avocats. Même si au final elle explique qu’elle redoute de ne jamais connaître toute la vérité sur les circonstances de la mort de son mari.

Retour sur 2018

Elle revient sur les événements de 2018. Le dernier appel reçu de son époux remonte au vendredi 23 février 2018 vers 17h30 : "Il était déjà à l'aéroport de Charleroi. Il me fixait rendez à Bratislava. C'est la dernière fois que je l'ai entendu... A ce moment, tout allait bien, tout était normal". Elle a ensuite reçu peu avant minuit un coup de fil de son beau-frère. Alors qu’elle attendait déjà le retour de Jozef Chovanec, en compagnie de sa fille, à l’aéroport de Bratislava, en Slovaquie. Son beau-frère lui expliquait alors que son mari avait été arrêté par la police de l’aéroport de Charleroi et devait passer la nuit en cellule. Le lendemain matin, elle a reçu un nouvel appel de son beau-frère qui lui disait d’appeler sur le GSM de son mari. Ce qu’elle a fait. Quelqu’un a alors décroché pour lui annoncer que celui-ci était dans un état critique à l’hôpital. Le même jour, elle partait en voiture avec sa fille vers la Belgique. A son arrivée à l’hôpital, elle apprend des médecins que son mari est en état de mort cérébrale. Quelques jours plus tard, les médecins allaient stopper les machines qui, seules, le maintenaient en vie… Sa conclusion aujourd’hui : "Je suis sûre qu’il est mort en cellule. Je ne crois pas qu’il soit mort d’une crise cardiaque. Je pense qu’il a été étouffé par la police. La crise cardiaque n’était qu’une diversion pour tout garder secret".

Henrieta Chovancova évoque aussi le choc lorsqu’elle a, elle-même, découvert les images de l’intervention de la police en cellule. "Il est tout de même évident que ce sont les agents qui ont provoqué sa mort, non ? Ils ne se sont pas occupés de lui pendant des heures. Il a essayé de toutes sortes de façons de faire comprendre qu’il y avait un problème, mais ils l’ont simplement ignoré".

La justice savait

Et de pointer alors la responsabilité de la juge d’instruction en charge de l’affaire et de l’enquête sur l’action de la police depuis deux ans : "On ne peut pas imaginer autre chose qu’elle veut protéger quelqu’un. Comment expliquer autrement qu’elle a si peu agi ? Elle savait pour ces images et elle n’en a rien fait". La veuve justifie alors le fait d’avoir laissé "fuiter" les images vers la presse pour relancer l’affaire. "Il ne se passait rien, l'enquête n'avançait pas et tout le monde protégeait tout le monde. C’était impossible pour moi. J'ai dit à mes avocats qu'il était temps d'aller vers la presse. Je ne voulais bien évidemment pas montrer tout ceci au monde entier sur toutes les chaînes de télévision. Mais je n’avais pas d’autre choix".

Aucune confiance dans les autorités

Henrieta Chovancova dit avoir perdu toute confiance dans les autorités belges et notamment l’ancien ministre de l’Intérieur Jan Jambon. "Comment peut-on le croire ? Un jour il dit ceci, l’autre jour cela. Il était bien au courant de l’affaire". Que le commissaire général de la police fédérale, Mark De Mesmaeker, veuille la rencontrer ? "Cela n’a aucune importance pour moi. Ce que je veux c’est que l’enquête soit menée de manière approfondie". Et de conclure qu’elle estime qu’elle ne connaîtra jamais toute la vérité : "Certaines personnes seront peut-être finalement punies, je l'espère vraiment, mais qui les protège, qui est derrière ? Je veux le savoir. Car je ne pense pas que ce soit la première fois que ce genre de choses arrivent en Belgique. Quand on voit les images, on se dit que ce n'est pas la première fois qu'ils font cela. On se dit qu’ils savaient, les agents savaient qu’il y avait des caméras, et malgré tout, ils devaient penser pouvoir s’en sortir"…

Nouvelles requêtes de la partie civile

Dans l'entourage de l'avocate de Mme Chovanec, on a par ailleurs appris que la famille, dans la foulée de l'opération médiatique en cours depuis la mi-août, avait introduit auprès des autorités judiciaires trois requêtes : une requête en vue d'obtenir le transfert du dossier auprès d'un autre juge d'instruction; une requête pour l'organisation d'une reconstitution sur les lieux - requête qui aurait été acceptée mais sans date pour le moment -; et enfin, une nouvelle analyse du rapport médical, contenant entre autres l'autopsie de Jozef Chovanec (et non le recours à une deuxième autopsie, comme indiqué précédemment par erreur, ndlr).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK