Adélaïde Charlier (Youth for Climate): " La pression va continuer si l'urgence climatique est oubliée "

Adélaïde Charlier: « Blablabla »
Adélaïde Charlier: « Blablabla » - © THIERRY ROGE - BELGA

Deux jours après le triple scrutin qui a mené les citoyens belges aux urnes ce dimanche, l’heure est aux négociations. Certains jeunes qui ont foulé le pavé pour le climat, ont effectué leur premier passage dans l’isoloir. Il est aussi temps pour eux d’évaluer les résultats de nombreux mois de mobilisation. « On a l’impression que notre message est passé pour l’ensemble des partis politiques qui ont mis en priorité l’urgence climatique », a déclaré ce lundi Adélaïde Charlier, porteuse du mouvement Youth for Climate depuis son origine et primo votante de ces élections.

Pourtant, si les partis favorables à une politique climatique plus ambitieuse ont effectué une percée en Wallonie et à Bruxelles, en Flandre, la N-VA et le Vlaams Belang, plus frileux à s’investir dans la lutte contre le réchauffement climatique ont été les partis les plus plébiscités par les électeurs. Cette tendance attise l’inquiétude des jeunes pour le climat. « L’urgence climatique n’est pas une priorité pour le Vlaams Belang de la N-VA, c’est une grande déception pour nous », constate Adélaïde Charlier.

Urgence

Mais alors comment expliquer que le Vlaams Belang ait récolté un grand nombre de votes du jeune électorat flamand ? La militante évoque des pistes de réponse : « Peut-être qu’ils ont fait une très bonne campagne pour les jeunes, nous, c’est sûr qu’on a sensibilisé énormément de jeunes aussi. Le message n’est peut-être pas passé pour tout le monde et je pense qu’il faut faire beaucoup plus de sensibilisation vis-à-vis des jeunes sur l’urgence climatique », insiste-t-elle.

Il nous reste deux législatures avant des changements irréversibles

Le terme « urgence » est primordial pour la jeune femme car il exprime bien la réalité qu’elle veut faire entendre depuis qu’elle marche dans les rues belges avec des milliers d’autres jeunes. « Il nous reste 10 ans avant des changements irréversibles, c’est seulement deux législatures. En sachant que dans les prochaines années ce ne sera peut-être pas la priorité de nos gouvernements, ça peut faire peur. »

« Je pense qu’au niveau de la Wallonie et de Bruxelles, on pourra agir », se félicite toutefois Adélaïde Charlier, tout en estimant que le message est « mieux passé » au sud du pays. « Les jeunes qui se sont mobilisés ont compris que c’est notre génération qui est touchée et que les décisions qui vont être prises dans les dix prochaines années vont avoir un impact sur notre vie future, vont avoir un impact sur la façon dont on pourra vivre dans ce monde et je pense que beaucoup de jeunes l’ignorent encore. »

Et maintenant?

Le 14 mai, les jeunes militants pour le climat et des experts ont dévoilé un rapport qu’ils ont remis à tous les présidents de parti. Selon la jeune femme, c’est ce document qui doit aujourd’hui devenir l’outil de travail des partis qui entreront dans des coalitions. « On leur demande d’utiliser le rapport des experts, que ce soit de faire passer une loi climat ou d’adopter des mesures concrètes, il faut agir dès que les gouvernements seront formés », martèle la Namuroise de 18 ans.

On attend le gouvernement au tournant

Mais alors quel est l’avenir du mouvement qu’elle a en partie initié et que va-t-il advenir des « Jeudi pour le climat » ? « Ce qui est sûr c’est que la pression va devoir continuer si l’urgence climatique est oubliée par le gouvernement. On attend le gouvernement au tournant, prévient Adélaïde Charlier. Il faut des mesures concrètes qui font avancer le pays pour qu’on puisse atteindre les objectifs de Paris."

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