ACW-Belfius: enfoncer le CD&V, l'objectif des nationalistes flamands

La N-VA lance déjà la campagne pour 2014
La N-VA lance déjà la campagne pour 2014 - © Belga

La démission de Steven Vanackere est analysée par beaucoup comme une première victoire dans l'offensive médiatique et politique lancée par la N-VA. Des nationalistes flamands en ordre de bataille déjà pour le scrutin des scrutins, fédéral et régional, de 2014. Avec comme objectif: faire mordre la poussière définitivement au CD&V.

Koen Geens est le nouveau ministre des finances. Il est professeur de droit des sociétés à la KUL, avocat, ancien chef de cabinet du N°1 flamand le CD&V Kris Peeters. C'est donc la conséquence de la démission surprise ce mardi de Steven Vanackere pris dans les remous de l'affaire ACW-Belfius, un lièvre levé par la N-VA. Selon le parti, Belfius, banque détenue à 100 % par l'Etat, aurait avantagé l'ACW l'aile gauche de la mouvance sociale chrétienne en payant un intérêt beaucoup trop élevé sur un prêt de 68 millions d'euros accordé par l'ACW à la banque.
 
14 février, conférence de presse des députés N-VA Jan Jambon et Peter de Decker. Dans la ligne de mire : l'ACW, l'aile flamande du Mouvement ouvrier chrétien. Avec des accusations graves : "Fraude fiscale, faux en écriture, conflit d'intérêts, abus de biens sociaux". La N-VA qui réclame jusqu'à aujourd'hui encore une commission d'enquête parlementaire sur ce dossier.
 
Face aux doutes, aux questions soulevées, l'Inspection spéciale des Impôts déclenche une enquête. Mais au-delà de l'ACW, la N-VA avait une autre cible : le parti frère pour son aile gauche de l'ACW, le CD&V. L'ex-partenaire de cartel de la N-VA, l'autre parti après le Belang, après l'Open VLD, où les nationalistes pourraient encore siphonner des voix.
 
Coups au CD&V fédéral, chute de Steven Vanackere, secousse pour tout le gouvernement Di Rupo contraint à un nouveau remaniement non prévu celui-là, -rien à voir avec des remplacements pour cause de désignation d'un bourgmestre dans une grande ville-.
 
Le retour du parfum des affaires plutôt. La N-VA alimente: révélations dans la presse et interpellations au parlement. Tout bénéfice pour le parti de Bart De Wever. Avec une N-VA, déjà un pied au gouvernement flamand, et qui rêve de plus.
 
Enfoncer le CD&V, c'est aussi égratigner ce qui doit constituer la "machine de guerre" censée se lancer dans la prochaine campagne de 2014 Kris Peeters, l'actuel ministre-président flamand, incarnation de la droite du parti, comme le nouveau vice-premier Pieter De Crem. Kris Peeters qui tente de reprendre la main.
 
Du côté de la N-VA, le signal du départ en campagne a déjà été donné. 
 
Fabien Van Eeckhaut

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK