Acheter un vélo électrique pour aller au travail? Entre de 200 et 400 euros de soutien des pouvoirs publics

Alors que l’on déconfine le pays progressivement, le ministre wallon de la mobilité, Philippe Henry (Ecolo) veut saisir l’occasion et les habitudes qui ont été prises pendant cette période, notamment en termes de mobilité, pour transformer et pérenniser nos modes de déplacements. Il s’agira aussi de transformer les infrastructures et les voiries.

Dans le plan infrastructure, "un budget de 80 millions d’euros par an pendant cette législature" a été débloqué pour réaliser ces transformations. Un moyen "de relance très important pour le secteur des voiries, le secteur des travaux […] et donc un moyen de contribuer à l’activité de ce secteur et à l’emploi de ce secteur".

Vers une mobilité douce

Pendant le confinement, le gouvernement wallon a pris la décision de "confirmer le budget de 2 milliards d’euros qui s’étale sur sept années de travaux". Cela vaut pour l’entretien des tunnels. Si la situation n’est pas la même qu’à Bruxelles, les tunnels ne "représentent pas le même poids dans l’ensemble du réseau", il faudra tout de même prêter "une attention particulière à la sécurité qui est primordiale", indique Philippe Henry.


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Mais ce budget confirmé par le gouvernement est aussi le moyen de transformer les infrastructures et de réaliser la transition vers une "mobilité douce". En effet, "pour le réseau routier, il n’y aura pas d’extension mais des travaux d’entretien. Nous avons un réseau important, nous devons être capables de l’entretenir ", indique le ministre wallon de la Mobilité.

L’objectif, explique Philippe Henry, est de miser "sur une réorientation de la mobilité vers une mobilité douce avec la construction de pistes cyclables, de voies propres pour les bus etc.".

D’ailleurs, le ministre indique que des soutiens ont été apportés aux communes qui ont dû adapter leurs infrastructures pendant le confinement."Et puis il y aura des travaux de longue durée, de vraies infrastructures plus importante et là on a une enveloppe de 80 millions d’euros par an pour cette législature pour les modes actifs et les transports en commun donc il y aura des tronçons entiers de voiries cyclables et aménagement pour faire en sorte que les infrastructures cyclables soient disponibles", détaille Philippe Henry.

Profiter de l’engouement pour le vélo

Pendant le confinement, on a observé un engouement pour le vélo, une mobilité plus douce. C’est pourquoi le ministre souhaite profiter de la vague actuelle pour pérenniser ces nouvelles habitudes. L’idée ? Proposer un soutien aux personnes qui feraient l’achat d’un vélo électrique pour se rendre au travail. "Les modalités doivent être encore discutées", indique Philippe Henry. Néanmoins, il estime que "c’est un enjeu climatique, un enjeu de qualité de l’air et de santé des gens, c’est important que les gens se déplacent de façon plus active".

C’est pourquoi, pour soutenir cet engouement suscité par le confinement, le ministre souhaite mettre en place "un soutien financier pour les personnes qui vont acheter un vélo pour se rendre au travail. Il faudra une attestation de l’employeur et bien sûr ça reste un investissement mais il y aura un soutien des pouvoirs publics de l’ordre de plusieurs centaines d'euros". Cette aide devrait varier entre 200 et 400 euros.


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Et "pour une approche globale ", le ministre entend que cela "accompagne d’autres mesures de soutien aux politiques cyclables ", que ce soient les infrastructures dans les communes ou encore la mise en place de boxes dans les entreprises. "Il ne s’agit pas d’avoir un redémarrage de l’activité comme avant sans prendre en compte la situation de crise, sans prendre en compte les enjeux de long terme. Ici on a une possibilité qu’un nombre de personnes change ses habitudes."

" Penser le long terme "

Cette "approche globale", Philippe Henry aimerait la voir être appliquée à l’ensemble de la relance. Selon lui, "l’urgence de la situation" ne peut faire l’économie d’une réflexion sur le long terme. "Si on ne sort pas de la crise en prenant les enjeux de long terme alors on va se réveiller dans 5 ans, dans 10 en ayant construit la même chose qu’avant avec les mêmes difficultés, les mêmes limites du modèle social et du modèle économique". Et d’ajouter, "nous devons relancer l’activité mais nous devons le faire de manière compatible avec les enjeux de long terme, baisse des gaz à effet de serre avec la décarbonation, transformation de la mobilité".

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