Accord UE-Mercosur, le nouveau combat wallon: "C'est non, nous sommes totalement opposés à ce traité"

Le gouvernement wallon fait sa rentrée politique, avec les vœux ce jeudi et un débat important ce lundi après-midi au Parlement wallon. Il y sera question de l’accord commercial du Mercosur, l’accord de libre-échange conclu entre le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et l’Union européenne. Ces pays acceptent de s’ouvrir à nos industries (voitures, produits chimiques et pharmaceutiques, marchés publics...) en échange de l’exportation massive de leur viande bovine. Ce qui irrite et inquiète le gouvernement wallon et son ministre-président, Elio Di Rupo, invité de la Première lundi matin.


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"Nous sommes totalement opposés, dans l’état actuel, à ce traité. Pour le gouvernement wallon, c’est non ! Et nous ne donnerons pas le plein pouvoir au gouvernement fédéral pour négocier et ce pour plusieurs raisons. Un, l’importation de viande bovine va se faire de manière massive. Or, en Wallonie, il y a environ 9000 éleveurs et la viande bovine constitue un des éléments essentiels du monde de l’agriculture et de l’élevage. Nous représentons 43% de la production de viande de notre pays. Deuxième problème, l’aspect sanitaire. Il y aura des produits chimiques et des antibiotiques, alors que nos règles européennes sont strictes. Nous demandons que les règles, dans les pays du Mercosur, soient les mêmes que les règles européennes."


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Autre élément qui pousse le gouvernement wallon à dire non, c’est l’attitude du président du Brésil par rapport à l’Amazonie, qui "montre qu’il ne compte pas respecter les accords de Paris sur le climat". Le manque de liberté syndicale au sein de certains de ces pays est un argument supplémentaire, "pour nous ça ne va pas !"

Nous voulons défendre la viande bovine wallonne

Il s’agit donc du nouveau combat wallon après l’épisode CETA. "Nous sommes pour le commerce international mais pas à n’importe quelles conditions. Nous voulons que les critères environnementaux, sociaux, et sur le respect sanitaire, valables au niveau européen et en Belgique s’appliquent également à ces pays."

Elio Di Rupo demande ainsi à la Flandre, qui ne partage pas cet avis, de respecter la position du gouvernement wallon. "Je comprends et je respecte la position, mais je demande qu’on respecte la position de la Wallonie. Nous avons nos objectifs, nos réalités et nous voulons défendre la viande bovine wallonne."

Ce qui va certainement mettre le gouvernement fédéral en affaires courantes dans l'embarras. "Oui c’est difficile, mais il faut faire changer les choses, les conditions du traité."

L’exclusion d’Emir Kir

Autre élément dans l’actualité du PS : l’exclusion du député-bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir, pour avoir rencontré le 5 décembre dernier une délégation de 6 maires turcs, dont deux sont issus du MHP, un parti nationaliste considéré comme étant d’extrême droite et proche de l’organisation des Loups Gris. Un tournant au PS.


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Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo a dû gérer ce dossier lorsqu’il était à la tête du parti. "Je pense que la commission de vigilance a fait son travail à charge et à décharge. Le signal qui nous est envoyé, c’est que les valeurs du PS constituent le fondement de ce que nous sommes et on ne transige pas avec les valeurs. Le cordon à l’égard de l’extrême droite est vraiment fondamental, contrairement aux néerlandophones qui leur donnent la parole. Nous, on considère que c’est une grave erreur. Derrière l’extrême droite, il y a toujours une réduction des libertés et nous la combattons.


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Emir Kir a pourtant flirté plusieurs fois avec certaines limites, en signant notamment une pétition niant le génocide arménien. "Je l’ai rappelé à l’ordre à maintes reprises. C’était la goutte de trop, l’élément supplémentaire de trop pour la commission de vigilance, qui est indépendante, aucune pression n’est possible et a décidé en âme et conscience."

Et l’ancien président du PS ne craint pas de secousses politiques. "Je crois que ça fait partie de l’éthique que nous voulons faire respecter."


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