Accord sur le climat en question: les partis flamands de la majorité restent silencieux

Répartition de l'effort climatique - Les partis flamands de la majorité restent silencieux à la Chambre
Répartition de l'effort climatique - Les partis flamands de la majorité restent silencieux à la Chambre - © Belga

Les partis flamands de la majorité fédérale -N-VA, CD&V et Open Vld- sont restés silencieux mardi en Commission de la Chambre à propos de la répartition des efforts climatiques entre les trois Régions et le pouvoir fédéral. Seul le MR s'est exprimé pour soutenir la ministre fédérale de l'Environnement, Marie-Christine Marghem. L'opposition a quant à elle dénoncé le mauvais coup porté par la N-VA.

La N-VA juge le projet d'accord annoncé ce week-end trop coûteux pour la Flandre et même le vice-premier ministre fédéral N-VA, Jan Jambon, a jugé qu'il devait être revu.

"Il y a un ministre qui s'est exprimé. Ce sont des mots qui n'engagent que lui et c'est moi qui négocie, pas lui. Et le gouvernement fédéral, collégialement, se prononcera", a souligné Mme Marghem.

La ministre a qualifié de très positif l'esprit qui a animé la discussions entre les quatre ministres de l'Environnement (CD&V, cdH, PS et MR) et qui a abouti à un projet d'accord devant encore être validé par les gouvernements. Selon elle, les chiffres quantifiant les efforts ne sont pas finalisés. "On avait décidé de ne pas communiquer les chiffres parce qu'on savait que des corrections techniques pouvaient intervenir. Le diable se trouve dans les détails", a-t-elle ajouté.

La précision a fait douter les écologistes de l'existence d'un accord. "La discussion ne porte que sur des chiffres. Si des réglages sont possibles, c'est qu'il n'y a pas d'accord", a fait remarquer Jean-Marc Nollet.

"Ce qui s'est passé ce matin est grave. Ce n'est pas un simple ministre mais un vice-premier ministre de votre gouvernement qui vous tacle, qui vous dit: vous avez mal travaillé. Nous avons tous été choqués", a expliqué Laurette Onkelinx (PS).

"N'y a-t-il pas d'accord possible sans qu'il ait été négocié par la N-VA", a demandé Michel de Lamotte (cdH) qui déposera un amendement à une résolution demandant au gouvernement de ratifier le projet d'accord.

Raoul Hedebouw (PTB) a dénoncé la situation de la Belgique qui à quelques semaines de la Conférence de Paris sur le climat est la "risée" des autres pays.

"La Belgique fait partie des mauvais élèves"

Parallèlement, la question du financement climat a fait l'objet d'un séminaire organisé mardi par la coupole d'organisations non gouvernementales de coopération au développement (CNCD 11.11.11), avant la tenue du sommet sur le climat, COP21, qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre à Paris. "L'humanité a encore les moyens de limiter les changements climatiques", selon le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, présent au séminaire. Sur la question du financement climat - soit l'engagement financier des pays riches envers les pays pauvres - les experts du CNCD 11.11.11 estiment que la Belgique fait jusqu'ici partie des mauvais élèves.

Le financement climat est un point crucial de l'accord COP21, selon les experts. "Les réductions des émissions et financement climat doivent être considérés comme deux faces d'une même pièce: plus les résultats seront importants dans la lutte contre le réchauffement, moins les besoins financiers seront conséquents, et inversement", selon le CNCD 11.11.11.

La conférence de Copenhague en 2009 a permis de s'accorder sur un financement rapide de 30 milliards de dollars de 2010 à 2012 et d'ici 2020, assurer 100 milliards de dollars annuels. Dans ce cadre, la Belgique s'était engagée à fournir 150 millions d'euros pour le financement rapide de 2010 à 2012. Il manquait 58 millions d'euros fin 2012, lorsque les comptes ont été faits, déplore le CNCD 11.11.11.

L'organisation recommande ainsi à la Belgique, dans le sillage de 2020, "de clarifier les engagements de chacune des Régions et du niveau fédéral."

"Les querelles communautaires sur la répartition de l'effort climatique ('burden sharing') freinent la Belgique", fustige Nicolas Van Nuffel, responsable du plaidoyer de la coupole. Ce dernier plaide pour "arrêter les subsides aux énergies fossiles et aller chercher de nouvelles sources de financement, comme une taxation du transport aérien".

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