Accord salarial au gouvernement : le Premier ministre détaille "un accord équilibré"

Alexander De Croo s'est présenté avec un accord en poche cet après-midi devant les députés pour les traditionnelles questions orales à la Chambre.  Le gouvernement fédéral réuni en comité restreint dans la nuit de mercredi à jeudi a dégagé un accord sur une prime que les entreprises qui ont enregistré de bons résultats durant la crise du coronavirus pourraient octroyer à leurs employés.

L’accord porte sur une prime de maximum 500 euros nets qui pourrait être accordée aux travailleurs en plus de la norme d’augmentation salariale de 0,4%. Il n’est pas déterminé quel bénéfice doit être atteint pour qu’une entreprise puisse verser cette prime. Les cotisations patronales, sur cette prime, seront limitées à 16,5%.

En interview à la RTBF, le Premier ministre, Alexandre De Croo parle d'un "accord équilibré". Il évoque une "faculté qui est créée pour les entreprises qui ont bien marché pendant la période de crise de dire aux travailleurs, on va vous donner une partie de cela, on va vous récompenser avec un maximum de 500 euros net". 

Le Premier ministre fait confiance aux entreprises pour négocier cette prime là où il sera possible de le faire. "Cette dynamique de négociation est clairement là au niveau des entreprises.  D'ailleurs, on a vu que les chèques consommation qu'on a rendu possibles après la première vague ont été utilisés dans beaucoup d'entreprises.  Je suis convaincu qu'ici, cette possibilité d'avoir une négociation sera utilisée", a-t-il ajouté

Il n'y a pas de condition qui ont été mises pour définir quelles entreprises ou quels secteurs devraient accorder cette prime à leurs travailleurs.  "Une entreprise qui a bien fonctionné, c'est quoi la définition ? ", répond le Premier ministre  quand on l'interroge. "Peut-être que dans certaines entreprises, on n'a pas fait plus de chiffre d'affaires, mais ils ont tous fait un effort incroyable et il y aura une volonté de quand même attribuer quelque chose", a expliqué Alexander De Croo à la RTBF. 


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Les syndicats peuvent désormais discuter de cette mesure avec le patronat. Pas sûr qu’ils soient convaincus puisqu’on sait que les syndicats réclamaient des négociations libres dans les secteurs en bonne santé. Ici le gouvernement ne prévoit les primes que pour des entreprises. Les syndicats ont en tout cas déjà prévenu que des actions ne sont pas à exclure dans certains secteurs.

Côté patronal, les montants pourraient paraître trop élevés. Dans les négociations avec les syndicats, ils avaient mis sur la table de possibles primes de 300 euros maximum et uniquement pour les entreprises qui ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 30% en 2020. Les syndicats avaient jugé cela trop étriqué au point de faire échouer la négociation sur un accord interprofessionnel.


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Salaires minimums

Le gouvernement fédéral est en outre d’avis qu’une augmentation du salaire minimum doit être envisagée, mais par étapes, a rapporté la VRT. L’exécutif envisage des réductions d’impôts pour contribuer à financer ce relèvement du salaire minimum.

A la RTBF, Alexander De Croo explique qu'il y a "un menu fait pour les partenaires sociaux.  Il parle de fins de carrières, de pensions complémentaires. Il parle aussi d'une trajectoire dans les salaires minimums où le gouvernement indique qu'il est prêt à prendre des mesures fiscales pour éviter qu'une augmentation du salaire minimum mène à des difficultés pour les entreprises".   Par rapport à ce salaire minimum, pour Alexander De Croo, il faut "qu'on fasse quelque chose dans les salaires minimums après la crise". 

Les négociations doivent se poursuivre toutefois sur cet aspect, mais il semble acquis que le gouvernement est prêt à soutenir l’effort. C’est la proposition que le gouvernement va faire aux employeurs et syndicats comme le prévoit la Loi de 1996 en cas de désaccord entre patrons et syndicats. Ceux-ci auraient alors un mois pour répondre.

Interrogé, lui aussi, à la Chambre par les députés, le ministre de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne, a de son côté insisté sur la proposition d'augmentation du salaire minimum, chère à l'aile socialiste de la majorité. "Hors indexation, il n'a plus augmenté depuis 2008. A l'époque, il représentait 53% du salaire médian. Aujourd'hui, il ne représente plus que 46% de ce salaire. C'est inacceptable pour nous. Cette augmentation, cette trajectoire qui devra s'enclencher sur plusieurs AIP est un élément essentiel dans la lutte contre la pauvreté et pour la justice sociale", a-t-il déclaré. 
 

Aux critiques qui ont déjà été émises, notamment du côté syndical, après l'annonce de cet accord du gouvernement sur les salaires, le Premier ministre répond qu'il "comprend que chacun essaye de mettre un peu sa couleur, sa sauce, mais ce qu'on attend de nous, comme gouvernement, c'est de faire quelque chose d'équilibré et ceci est quelque chose d'équilibré".  Il  parle aussi d'une proposition qui "ne se renégociera plus"

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