Abdication du Roi: "La monarchie ne survivra qu'avec une réforme profonde"

Abdication du Roi: rumeur ou danger imminent? Chat à 11 h
Abdication du Roi: rumeur ou danger imminent? Chat à 11 h - © Tous droits réservés

L'information revient avec la régularité métronome des publications de journaux: le Roi Albert II va abdiquer.... bientôt. Un coup de tonnerre s'annonce-t-il au-dessus du monde politique belge? Notre journaliste politique Johanne Montay répondait à vos questions ce vendredi. Relisez le chat et le résumé des débats.

Nos confrères du Soir l'annoncent depuis quelques semaines: des discussions sont en cours pour déterminer la date à laquelle le Roi abdiquera. Pour eux, le fait semble acquis: Albert II ne cacherait plus sa volonté de partir. L'inconnue porterait sur le calendrier: à l'occasion de la fête nationale, ou après, vers l'automne.

Quoi qu'il en soit, le sujet agite bien, sinon le sommet de l’État, en tout cas les observateurs de tous bords. Car la manœuvre risque d'être délicate. Décision d'abdiquer, date pour ce faire, succession, successeur : autant d'étapes et de questions susceptibles de faire vaciller un gouvernement parfois en équilibre précaire, un an avant des élections hautement stratégiques.

Doit-on se préparer à un grand chamboulement politique?

Le résumé du Chat

Aux nombreuses questions portant sur l’utilisation d’une rumeur pour créer un scoop médiatique, Johanne Montay répond que le journal Le Soir a choisi sa thèse: "C’est un pari risqué. Même si l’information vient de bonnes sources, d'autres sources tout aussi bonnes prétendent le contraire. Je préfère m'abstenir de choisir une thèse."

A Boris qui ne comprend pas le scénario qui consisterait à confier la régence à Astrid jusqu'aux 18 ans d’Élisabeth, Johanne Montay répond que cette voie a été oubliée. "Aujourd'hui, on passe de la case Albert à la case Philippe sans transition selon Le Soir. Mon sentiment est qu'avant les élections de 2014, aucune abdication n'est souhaitable, ni prévisible."

Les internautes reprochent aussi la formation trop austère et conventionnelle de Philippe. Le mode de communication d’Astrid fait  également l’objet de critiques violentes comme on a pu le voir dans l’émission "7de Dag ". Pour  Johanne Montay, l'entourage du prince "devrait choisir des kings de la communication, oser mettre le prince sur Twitter, y poster des photos de famille, son agenda... Montrer qu'il a une famille normale et qu'il est de son temps."

L’une des principales questions porte sur le futur protocolaire de la fonction royal. Johanne Montay répond que le pays est à la croisée des chemins: "Le parti le plus puissant de Flandre est républicain et indépendantiste. Le Roi est souvent cité comme le ciment de l’État fédéral. Il a joué un rôle essentiel dans la stabilité du pays lors des négociations de 2010. La N-VA remet en question le fonctionnement de la monarchie et il faut lire la lettre ouverte de Bart De Wever au Prince Philippe (Knack, vendredi passé) mais aussi celle des présidents de partis flamands (OVLD, Groen, CD&V) pour comprendre le consensus a priori négatif à son sujet. Je suis  convaincue que la monarchie belge ne survivra qu'avec une réforme profonde de ses pouvoirs."

Certains se demandent aussi que l’on donne sa chance à Philippe. "Rappelez-vous: quand Albert II a prêté serment, on mettait aussi en doute ses capacités à régner" nous dit un participant. Mais une autre chatteuse lui répond que Philippe "ne sera jamais prêt, n’a pas de charisme, est raide."

A la question de Marylin qui suggère de profiter de la fin de règne d'Albert pour passer à la République belge, Johanne Montay pose la simple question: "Et votre président, vous le prenez Flamand, Wallon, Bruxellois, ou germanophone? "

J-Cl V.

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