Abattage: le Consistoire israélite demande aux députés wallons de ne pas copier l'occupant nazi

Le président du Consistoire central israélite, Philippe Markiewicz, a enjoint aux députés wallons, jeudi en commission du parlement, de ne pas "poser le même acte" que l'occupant nazi qui, en 1940, s'en était pris à l'abattage rituel pratiqué par les juifs, suscitant l'indignation des commissaires. Il a demandé un délai supplémentaire pour le dialogue sur les textes en débat dans l'assemblée.

"Depuis la guerre, depuis 1945, la communauté juive a toujours trouvé des solutions équilibrées avec les pouvoirs publics, que ce soit sur la spoliation, la sécurité, les cimetières. Pour la première fois aujourd'hui, on semble se diriger vers un échec, qui sera perçu négativement par la communauté et le pays tout entier. Ce n'est vraiment pas le moment", a déclaré M. Markiewicz.

"La dernière fois qu'on a voulu porter atteinte à l'abattage rituel, c'était en octobre 1940, sous l'occupant nazi, car ils savaient combien c'était important pour les juifs. Même si nous vivons dans une démocratie éclairée, je vous invite à ne pas poser le même acte", a-t-il ajouté, confirmant des propos tenus dans la presse il y a quinze jours.

Les députés ont largement condamné cette comparaison jugée totalement déplacée, mais ils n'ont pas souhaité s'étendre sur cet aspect afin de préserver la sérénité des débats. Christine Defraigne (MR), l'une des signataires des propositions de décret en débat, a toutefois réclamé des excuses.

Le président du Consistoire a insisté sur la technicité de l'acte et la concession déjà faite par son institution, qui a accepté que les sacrificateurs passent un examen de compétence devant un organe public neutre pour être agréés.

Mais "ce n'est pas aux hommes et femmes politiques de dicter la règle religieuse", a-t-il asséné. Les députés lui ont rappelé que les normes civiles étaient fixées par le législateur civil.

M. Markiewicz a affirmé que les études scientifiques ne permettaient pas d'assurer que l'étourdissement élimine la douleur et le stress post-traumatique et assuré que pour les bovins, 6 à 16 % des étourdissements à tige perforatrice étaient "un échec, suivi d'une mort atroce de l'animal". Il a aussi demandé de comparer l'étourdissement avec les pratiques de la chasse, la pêche, ou la cuisson du homard vivant dans l'eau bouillante.

Les débats se poursuivaient dans l'après-midi. Un vote en commission sur la proposition de décret Arens-Defraigne est attendu le vendredi 5 mai prochain.

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