"Abandonner l'obligation de 10% de logements sociaux, c'est scandaleux, c'est créer des ghettos"

Les logements sociaux et la répartition en Wallonie
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Environ 40 000 familles wallonnes sont en attente d'un logement social. Une question se pose donc: où seront construits les logements manquants? Actuellement, la Région wallonne incite toute les communes à en avoir au moins 10% sur leur territoire. Il y a les bons élèves qui en ont jusqu'à 20 ou 25%. Et puis il y a les autres, la majorité, qui en ont très peu, voire pas du tout.

Le gouvernement wallon envisage de modifier la législation actuelle.  Ce seuil de 10 % de logements sociaux est atteint dans une petite minorité de communes wallonnes et les sanctions financières ne fonctionnent pas.

La ministre MR des Pouvoirs locaux Valérie De Bue réfléchit donc à un autre système, une autre répartition: "Il y a des réalités locales qui sont très différentes, des caractéristiques du territoire qui sont très différentes d’une province à l’autre, et donc je pense qu’il faut laisser l’autonomie communale. Il faut vraiment tenir compte aussi des infrastructures existantes, la proximité de certains services publics, comme les écoles, les hôpitaux, les zones d’emploi pour le public concerné, plutôt que d’aller parfois créer des logements loin des infrastructures, ce qui implique aussi certains problèmes de mobilité".

Aiseau-Presles parmi les bons élèves 

Aiseau-Presles est une des 20 communes wallonnes qui a le plus de logements sociaux sur son territoire et la demande est forte de la part de familles qui viennent parfois de communes voisines où l’offre est faible ou inexistante. "J’ai des gens qui viennent même d’autres provinces et c’est déjà arrivé à plusieurs reprises parce qu’ils sont en recherche de logement et que chez eux il n’y en a pas" explique le bourgmestre, Jean Fersini, que l’idée d’abandonner le seuil de 10 % de logements sociaux partout fait bondir: "C’est honteux que des communes où il y a un certain standing disent "on fera des logements sociaux dans les communes où ils ont beaucoup plus de difficultés, on va les mettre tous là-bas, créons déjà des ghettos".

 

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