À Votre Avis: un retour aux urnes? Pas question

À Votre Avis: un retour aux urnes? Pas question
À Votre Avis: un retour aux urnes? Pas question - © Tous droits réservés

Nommés à la surprise générale informateurs royaux, le duo Georges-Louis Bouchez (MR) – Joachim Coens (CD & V) a tracé ce matin les contours de sa mission. Les informateurs ont d’emblée précisé leurs intentions. "Nous travaillerons sur des schémas très ouverts, avec les différents partis. Il est important de clarifier les choses pour pouvoir passer à l’étape suivante. Nous ne partons pas de zéro, on reprendra le travail de tous nos prédécesseurs, le duo Vande Lanotte-Reynders, le duo Demotte-Bourgeois et celui de Paul Magnette".

 

Une promesse qui convainc Marie-Colline Leroy, députée Ecolo : "Je pense qu’il n’y aura pas d’échec. La mission c’est de continuer un travail qui a déjà été entamé. Ce matin, les informateurs ont dit deux choses que je trouve importantes. 'On ne recommencera pas à zéro', c’est une bonne nouvelle parce que le travail qui a été effectué jusqu’ici est un travail qui a porté ses fruits, où tout le monde a pu évoquer ses perspectives, ses projets et ses priorités", affirme-t-elle. "La deuxième chose que je trouvais très intéressante, c’était de dire 'On va clarifier les propos des communautés'. À mon avis, il y a des propos à clarifier. […] Il y a moyen de trouver des convergences. C’est important de le mettre en avant d’ici dix jours". L’optimisme prime, donc.

 

 

Bart De Wever aurait-il dû être nommé informateur ?

Au contraire de certains de ses confrères, Maxime Prévot (cdH) n'a, lui, pas été surpris que Bart De Wever (N-VA) ne soit pas nommé informateur. Selon lui, le comportement du président du parti ne se prête pas à ce qui est attendu d'un dirigeant : "On est tellement habitué au mépris témoigné au fil des ans par Bart De Wever que, dramatiquement, on commence à presque banaliser ses propos alors qu'ils sont extrêmement choquants. (…) Je n'ai pas été très surpris que M. De Wever ne soit pas mis en scelle par le Palais parce que quand dans les 24 heures qui précèdent une décision royale, vous tenez des propos qui divisent au lieu de rassembler, qui montrent qu'au lieu d'être un acteur de la solution vous incarnez davantage un problème, c'était à mon sens impossible pour le Roi - qui est, rappelons-le, le garant de l'unité de ce pays - de mettre en orbite quelqu'un qui est aussi clivant". 

Le président du cdH avance même que la N-VA se sentirait "l'envie de se mettre de côté par les autres".

La N-VA fait d'ailleurs planer une menace d'élections anticipées sur la Belgique. Le message qui ressort principalement de ce débat est que les partis appelés autour de la possible coalition "arc-en-ciel" ne comptent pas reconduire le pays vers les urnes. Ils comptent en tous cas tout mettre en œuvre pour que cela n'arrive pas, à l'image de Philippe Close (PS) : "Il ne faut pas avoir peur de l'électeur, mais nous ferons tout pour ne pas y retourner".  Et François De Smet d'ajouter : "Ce n'est jamais arrivé avant même d'avoir réussi à former un gouvernement. Ça pourrait arriver dans un parlement composé d’extrêmes très fortes", "Mais on y est pas du tout", tempère Marie-Colline Leroy (Ecolo).

Vient ensuite la question des majorités sur la table. Le noyau dur semble composé des socialistes, libéraux et écologistes, mais elle ne tient qu'à 76 sièges sur 150. Cette majorité est fragile, elle ne tient pas, selon Maxime Prévot. Il affirme que son parti est "disponible pour être un acteur de la solution. Nos 5 sièges peuvent être utiles politiquement, à condition que le N-VA n'y soit pas".

Pour Benoît Piedboeuf (MR): "Le problème, c'est la représentation de la Flandre". Selon lui, le gouvernement peut difficilement se passer du premier et du deuxième parti de Flandre, mais sûrement pas du troisième. "Il faut renforcer la partie flamande du gouvernement, même si elle est minoritaire".

Pour Philippe Close (PS), le problème de la représentation communautaire au sein du gouvernement fédéral est de moins en moins important : "L'important, c'est qu'un ministre ne soit pas ministre des Flamands, des Bruxellois ou des Wallons, mais ministre des Belges", commence-t-il. "Si on suit le Vlaams Belang et la N-VA dans ces idées, on casse le socle du pays qui est la sécurité sociale. La seule chose qui sera possible", termine-t-il, "C'est le programme qu'on proposera aux Belges".

Quoi qu'il en soit, le temps passe. Et ce n'est pas sans conséquence sur notre économie. Pour Philippe Ledent, économiste chez ING, si le déficit actuel est profitable à l'heure actuelle, il faudra bien finir par payer la facture : "Avec un déficit de +2% du PIB, des mesures d'austérité vont devoir être mises en place. Il sera difficile de dire que tout ira bien et que l'argent coulera à flot".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK