À Votre Avis : Selon Denis Ducarme, le droit passerelle devrait être prolongé en 2021

Pour Denis Ducarme, il serait souhaitable de poursuivre les aides financières en 2021.
Pour Denis Ducarme, il serait souhaitable de poursuivre les aides financières en 2021. - © RTBF

L’annonce de Denis Ducarme (MR) sur le plateau de l’émission télévisée " À Votre Avis " en rassurera plus d’un. Selon le ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, le droit passerelle et les mesures de chômage temporaire ne devraient pas prendre fin en 2020. " Nous devons continuer à soutenir les indépendants, les PME, mais également les salariés à travers les mesures que nous avons prises en matière de droit passerelle et de chômage temporaire ", assure-t-il. " Ce sont vraiment les deux mesures "piliers" que nous avons pu prendre avec le gouvernement de Sophie Wilmès, prolongé jusqu’au 31 décembre. Maintenir ces mesures au-delà, serait souhaitable. Ce sera au prochain gouvernement de le déterminer, mais je pense qu’on ne pourra pas débrancher la prise du soutien public du jour au lendemain si on veut voir les indépendants, les PME traverser la crise. Parce que ce que nous voyons aujourd’hui, en matière de crise sociale et économique, ce n’est encore que la pointe de l’iceberg. "

" Il va falloir laisser les gens travailler ", ajoute-t-il. " Apprendre à vivre avec le virus, c’est aussi apprendre à travailler avec le virus. "

Taxer les surprofits ?

Pour Raoul Hedebouw (PTB), chef de groupe à la Chambre, taxer les surprofits des entreprises auxquelles le coronavirus a profité serait une façon d’aider les indépendants à faire face à la crise économique qui se profile : " Ce qui me révolte dans cette situation économique, c’est que cette crise covid n’est pas la crise pour tout le monde. Certains secteurs industriels se sont fait énormément d’argent. Je trouve que ces surprofits devraient servir à aider les petits indépendants. Nous avons fait une proposition très claire : que tous les surprofits qui ont été faits par les grandes entreprises soient taxés à 75% pour les remettre dans un fonds qui serait investi intégralement pour les PME et les indépendants ", estime-t-il en précisant que ce type de mesure a déjà été pris à la suite des deux guerres mondiales.

Selon lui, proposer aux employés de réduire leur temps de travail pourrait également aider les travailleurs licenciés à retrouver de l’emploi.

« Nous souhaitons, de façon dérogatoire, pouvoir licencier à moindre coût »

Autre solution apportée pour sauver l’emploi : le licenciement à moindre coût. " Dans nos PME, on a utilisé le chômage temporaire / force majeure pour pouvoir maintenir le niveau d’emploi et non pour préparer des licenciements. On constate aujourd’hui que la relance est beaucoup plus lente. Prenez une PME avec 5 personnes, dont 3 sorties du chômage. Si les chiffres ne permettent pas de reprendre les deux dernières, nous souhaitons, de façon dérogatoire et dans une période déterminée, pouvoir licencier à moindre coût pour sauver les trois autres. Parce que si on doit payer plein pot pour les deux licenciés, on se retrouvera avec des faillites ", affirme Pierre-Frédéric Nyst, président de l’UCM.

Des propos que réfutent entièrement Raoul Hedebouw et Denis Ducarme qui estiment que les emplois doivent être sauvegardés au maximum.

Un carnage social ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette crise sanitaire et économique impacte considérablement le moral des Belges. Il y a quelques semaines, Frédérique Van Leuven, psychiatre et responsable mobile de la cellule de crise de la région du Centre, évoquait une hausse de 50% des admissions dans les services fermés. Un pourcentage toujours aussi important à l’heure actuelle. " Dans mon hôpital, nous avons enregistré une hausse de plus de 50%. Mais dans d’autres, on parle de plus de 80% ou de 100% des mises en observation. C’est une procédure extrêmement violente pour les gens. C’est une hospitalisation sous contrainte sur décision du procureur du Roi. Les gens arrivent en hôpital dans un service fermé, comparable à une prison puisque vous êtes fouillé, vous arrivez avec une ambulance et la police et ne vous pouvez pas sortir tant que le juge de paix n’a pas décidé que vous pouviez sortir. " Elle ajoute : " Ce nombre d’hospitalisations sous contrainte a vraiment explosé et c’est dramatique pour les gens."

Et cette baisse de moral inquiétante liée à la crise du coronavirus concernerait surtout les personnes âgées selon ses observations.

Selon Céline Nieuwenhuyze, secrétaire générale de la Fédération des Services Sociaux, il faut impérativement anticiper la crise sociale qui s’annonce en informant les citoyens sur les services d’aides qui existent et ainsi éviter que la situation ne s’envenime davantage : " Il faut que les gens aillent demander de l’aide. Il faut des campagnes d’information massives dans les transports en commun et dans les rues pour que les gens sachent que l’aide est là. On savait déjà avant la crise covid que les gens demandaient difficilement de l’aide… Soit parce qu’ils ne savent pas, soit parce qu’elle est complexe à trouver. " Elle enchaîne : " Les gens qui changent de statut disparaissent souvent des radars. Il faut encourager les travailleurs sociaux pour qu’ils puissent aller les chercher dans les rues. Les CPAS ont eu un soutien et il va falloir qu’il soit prolongé en 2021 parce qu’on sait qu’il y a un effet de retard et qu’aujourd’hui, la vague n’est pas encore arrivée. On espère que le gouvernement pourra prolonger cette aide parce que s’il doit dépenser l’argent avant la fin de l’année, il ne pourra pas aider ceux qui viendront en 2021. "

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