A Votre Avis analyse le grand débat : « Il y a encore beaucoup d’efforts à faire »

A Votre Avis spécial : votez en direct pour les présidents de partis
A Votre Avis spécial : votez en direct pour les présidents de partis - © Sacha Daout

« A Votre Avis » mène ce soir son ultime débat en direct et en public, avant le scrutin du 26 mai. Une émission qui succède au débat des présidents de partis, à 20h20 sur La Une. Dès 21h50, plus de personnalités politiques, que des membres de la société civile. Ils débrieferont le débat des présidents de partis avec Sacha Daout, et disent qui les a le plus ou moins convaincu, et pourquoi.

De manière générale, le politologue flamand, Dave Sinardet note une certaine entente des partis, notamment lorsqu’il s’agit de dépenser de l’argent. « Il faut investir pour le pouvoir d’achat, pour les bas salaires, dans la justice, dans la police, dans les transports publics… Tout le monde semble d’accord là-dessus. Sauf qu’il y a un problème dont on ne parle pas, c’est que la Belgique a un déficit budgétaire qui est aujourd’hui de 7 milliards, selon le bureau du plan et la Commission européenne ». Le politologue laisse entendre que les promesses faites auront du mal à être tenues.

A Votre Avis se focalise sur une série de grands thèmes. La justice, la sécurité, la pouvoir d’achat, l’immigration, le climat et la mobilité. Et c’est par le pouvoir d’achat que ce décorticage débute. Dans le grand débat, le premier Ministre sortant, Charles Michel défend un bilan : l’augmentation du pouvoir d’achat mais aussi la création d’emplois. Qu’en dit Christine Mahy, la secrétaire générale et politique du réseau wallon de lutte contre la pauvreté ? « Il y a encore beaucoup d’efforts à faire ». Elle énumère une liste de thèmes bien spécifiques oubliés dans ce débat et promet que son mouvement sera présent au lendemain des élections : « Car des coalitions seront mises en place et il faudra voir comment les promesses dont tenues dans ce contexte ».

Le deuxième grand thème abordé dans ce débat a déchaîné les passions, c’est celui du climat et en particulier la loi climat. « Tous les partis sont pour ! », commence Marc Sirlereau, journaliste RTBF expert des questions politiques. « Mais ce n’est pas neuf. Ils étaient tous prêts à la voter il y a quelques semaines et elle serait passée si certains partis flamands n’avaient pas bloqué ». Mais cette loi, bien que symbolique, ne changerait pas grand-chose, continue Marc Sirlereau. « Elle contient énormément de principes, mais dire que parce qu’on la signe, le climat en Belgique va changer du jour au lendemain, ce n’est pas vrai. On se fixe un cadre, mais il faut que les mesures suivent ». Il salue cependant les chapitres climatiques des différents programmes électoraux des partis politiques : « Ils sont très riches, et dire que ce ne sont que des promesses, c’est un peu court ».

Troisième thème, celui de la mobilité et particulièrement de la voiture de société. Pour Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci (Brussels Enterprises Commercer & Industry), ce système n’est pas maintenable. « Il aurait fallu débattre d’un autre point : comment aider les travailleurs à habiter un peu plus près de leur lieu de travail. Quoi qu’il en soit, le manque de mobilité en Belgique est aujourd’hui clairement un frein à l’emploi ».

Vient ensuite la question de la justice et de ses manques de moyens. Mona Giacometti est avocate en droit pénal et sa profession est souvent accusée de soutenir un certain ralentissement de la justice à des fins peu scrupuleuses. « Ça ne correspond pas à la réalité », répond-elle. La justice est aussi épinglée suite au meurtre de Julie Van Espen, à Anvers. Là aussi, cette institution est mise en cause. L’avocate ne trouve pas le rapprochement sain. « On remet parfois la justice en cause suite à des évènements judiciaires malheureux, ce qui n’est pas judicieux. Mais il est vrai que la justice manque de moyens ». Simplifier les procédures serait-il bénéfique ? Pas pour l’avocate. En revanche, « Une meilleure allocation des moyens serait une bonne piste ».

L’immigration a clôturé ce débat des présidents, comme il referme notre émission d’analyse. Le thème le plus vivement débattu est l’enfermement de familles en situation irrégulières avec enfants. Quatre partis sur les cinq présents ce mercredi soir se sont clairement positionnés contre ce type d’enfermement, le MR était esseulé. Cette rupture si nette est-elle le signe d’une crise politique majeure au lendemain des élections ? « La question ne divise pas tant que cela au sein des partis francophones (hormis le MR), mais elle divise cependant au sein des citoyens wallons », explique Dave Sinardet, politologue à la VUB et à l’Université Saint-Louis. « Il y a donc des personnes qui pensent en ce sens, mais il n’existe pas en Belgique francophone de parti politique d’extrême droite qui canalise ces voix ». Quel impact pour les discussions post-élections entre partis ? « On le sait, le 27 mai, comme à chaque lendemain de scrutin, c’est un nouveau monde qui s’ouvrira pour les partis. S’en suivra de plus une période de cinq ans sans élections, donc les décisions à venir pourront se faire oublier »

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