À Votre Avis : des centrales au gaz pour remplacer le nucléaire après 2025

La Belgique s’est engagée à sortir du nucléaire en 2025, soit dans environ cinq ans. Pourtant, plus de la moitié de l’électricité consommée en Belgique provient de cette production. Le défi est-il réalisable ?

Une chose est certaine, la situation ne peut pas durer. Nos centrales les plus anciennes encore en activité ont presque 45 ans, leur état se dégrade et la menace d’un accident nucléaire se fait de plus en plus forte. De plus, même si les centrales nucléaires n’émettent pas de CO2, elles produisent des déchets très nocifs. " L’énergie nucléaire produit des déchets radioactifs hautement dangereux et sur une période extrêmement longue, jusqu’à des centaines de milliers d’années ", affirme Samuel Cogolati, député Écolo à la Chambre des représentants. Il ajoute que ces déchets sont entreposés sur le site de Tihange car il n’y a aucune autre solution de gestion de ces déchets.

Ce problème nous pose face à un dilemme : faut-il réinvestir dans le nucléaire afin d’actualiser les infrastructures, les rendre plus sûres et plus efficaces, ou faut-il se lancer dans la transition écologique.

Dans l’état actuel des choses, la première option est impossible. En effet, la sortie du nucléaire pour 2025 est inscrite dans la législation. Il est toutefois possible de changer cette loi et continuer à produire d’électricité issue de la fission, mais encore faut-il avoir un gouvernement. Mais un autre type de centrale existe, tout aussi efficace au niveau de la production. Marie-Christine Marghem, ministre fédérale MR de l’Énergie, de l’Environnement et du Développement durable, affirme avoir lancé, l’année passée, un appel à l’investissement de centrales au gaz sur notre territoire.

Mais du point de vue de la transition écologique, ces centrales au gaz ne remplissent pas le contrat. En effet, elles émettent plus de CO2 que les centrales nucléaires. Michel Milecan, président de la FABI (Fédération Royale D’Associations Belges d’Ingénieurs Civils) était d’ailleurs présent pour souligner le fait qu’une contradiction existe entre la volonté de sortir du nucléaire d’ici 2025 et l’engagement belge de baisser ses émissions de CO2 de 95% en 2050.

Quant aux sources d’énergies renouvelables, elles existent mais elles sont en développement et sont loin d’égaler la capacité de production des centrales nucléaires. Pour Damien Ernst, professeur à l’ULiège en électromécanique et spécialiste en énergie, il faut 1000 éoliennes pour remplacer une seule et unique centrale.

Une hausse des prix de l’électricité à craindre ?

Une autre crainte arrive sur la table et celle-ci, elle est économique. Si nous arrêtons nos centrales, l’offre d’électricité va chuter mais parallèlement, les Belges sont aussi poussés à abandonner les énergies fossiles à l’avantage de l’électricité pour faire fonctionner les voitures, par exemple, ce qui augmente la demande. Ce déséquilibre entre offre et demande créerait une pénurie électrique. Et qui dit bien rare, dit bien cher. Surtout que le prix moyen de l’électricité flambe déjà ! Il a augmenté de 61,59% entre 2008 et 2017.

Comment expliquer cette hausse des prix de l’énergie ? Yves Verschueren, directeur Général d’Essenscia pointe notamment les subsides accordés aux énergies renouvelables. " Les subsides renouvelables, depuis 2005, ont coûté à notre pays 20 milliards d’euros pour finalement produire 10% de notre consommation énergétique. Quand on parle de prix qui augmentent, ce sont ces subsides qui coûtent cher ! ".

Pour l’avenir du prix de l’électricité, il est difficile de prédire avec exactitude sa tendance mais Antoine Thoreau, direction socio-économique et tarifaire à la CWaPE explique que le prix va probablement stagner.

Pour faire des économies, chacun peut également se renseigner sur le service du fournisseur le plus avantageux. La CWaPE propose d’ailleurs un simulateur pour vous aider à déterminer le fournisseur qui vous coûtera le moins cher.

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