A un an des élections, le plus difficile reste à faire pour le gouvernement Di Rupo

A un an des élections, le gouvernement fédéral garde le plus dur pour la fin
A un an des élections, le gouvernement fédéral garde le plus dur pour la fin - © Tous droits réservés

Suite et fin de notre série "quel bilan à un an des élections". Après celui des entités fédérées, voici celui du gouvernement fédéral. Avec en bonus, la ligne du temps du gouvernement Di Rupo depuis son entrée en fonction.

Ce qu'il a dit qu'il allait faire au lendemain de sa formation en décembre 2011 et ce qu'il a vraiment fait jusqu'ici. Un inventaire - précisons d'emblée - non-exhaustif et qui se base sur un document cardinal : l'accord de gouvernement. Autrement dit : sa boussole, sa liste de missions à accomplir.

Et le gouvernement Papillon s'est donné de nombreuses missions. Dans la catégorie mission à risques, on épinglera la réforme de l'Etat. Quelques gros dossiers sont désormais réglés comme le vote des Belges à l’étranger, la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) ou encore le refinancement de Bruxelles. On se gardera bien de dire qu'ils ont été réglés de manière unanime. Au contraire, il n'y a pas une réforme qui n'ait essuyé son lot de critiques. Cela étant, en matière de réformes institutionnelles, le gouvernement n'est pas au bout de ses peines. Il doit encore orchestrer les transferts de compétences aux entités fédérées, réécrire la loi spéciale sur le financement pour permettre ces transferts et il doit encore finaliser la réforme du Sénat.

Assainir les finances publiques

Le gouvernement s'est engagé à assainir les finances publiques. Pour ce qui est d'atteindre l'équilibre budgétaire nominal en 2015, c'est raté. Ce n’est pas faute d’avoir essayé si l’on en juge par le rythme des ajustements budgétaires et les 20 milliards d’euros de mesures prises depuis le début de cette législature. La faute à la conjoncture économique, dit le gouvernement qui a donc corrigé sa copie avec la bénédiction de l’Europe. L’équilibre budgétaire est désormais reprogrammé pour 2016. Ramassage des copies donc… après les élections.

Le gouvernement s’était promis de faire des réformes socio-économiques et d'augmenter le taux d'emploi. Objectif atteint avec le durcissement du régime des pensions et des prépensions et la dégressivité des allocations de chômage. Mais dans l’immédiat, crise oblige, c’est plutôt le chômage qui sévit. L’élève Papillon reste toutefois confiant, les effets de ses réformes c’est pour le long terme, explique-t-il. Il vise un taux d’emploi de 73% en 2020. Soit cinq points de plus que maintenant. On en reparlera donc en… 2020.

Pas touche à l'index

Autre mission du Fédéral : le maintien du pouvoir d'achat et la maîtrise de l'inflation. Comme annoncé, le gouvernement n'a pas touché à l'indexation, même si la composition de l'index a été revue. Ou corrigée, c'est selon. Les prix de l'énergie ont été gelés et la quotité exemptée d'impôts a été relevée de 200 euros. Par contre, l’alignement des allocations familiales des indépendants sur celles des salariés reste à la traîne.

En matière de soutien aux entreprises, des points ont été rencontrés comme certaines réductions de charge. Par contre, le grand emprunt populaire - qui doit capter l'épargne pour la rediriger vers les entreprises - se fait toujours attendre. Et le gouvernement qui s'est juré d'améliorer la compétitivité de la Belgique n'a pas encore trouvé la formule magique pour réformer la loi sur la compétitivité.

Asile et immigration

Dans les matières d’asile et d'immigration, on n'est pas loin du carton plein. Le nombre de demandeurs d’asile a commencé à baisser en 2012, l'encouragement au retour tourne à plein régime et la liste des pays sûrs a été votée. La réforme de la justice avance, elle, cahin-caha. La très contestée réforme de l'aide juridique a été adoptée mais la refonte des arrondissements judiciaires patine. Et de manière générale, le refinancement de ce département n'a pas beaucoup progressé.

Du côté des entreprises publiques, comme promis, le gouvernement a réorganisé le groupe SNCB, mais la question des salaires des grands patrons n'est toujours pas réglée. Par ailleurs, au moins une centaine de postes de direction sont à pourvoir au sein des entreprises publiques, mais les nominations se font toujours attendre.

Discriminations

Enfin, dans le domaine de l'égalité des chances, quelques engagements ont été rencontrés comme le plan de lutte contre l’homophobie, mais sur le terrain de l’égalité des salaires entre hommes et femmes ou de la lutte contre les discriminations raciales, rien de très concret n'est encore sorti.

Rappelons quand même que le gouvernement dispose encore - si tout va bien - de quelques mois pour parachever son oeuvre. A moins que la campagne électorale ne prenne le dessus plus vite que prévu.

Rachel Crivellaro

La ligne du temps du gouvernement Di Rupo

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