La quarantaine, en couple et en surpoids: ressemblez-vous au Wallon moyen?

S’il fallait dresser le profil type d’un Wallon aujourd’hui, ce serait une personne de 41,4 ans, vivant en couple, diplômé au moins du secondaire supérieur et avec quelques mauvaises habitudes puisqu’il a de bonnes chances d’être en surpoids, surtout si c’est un homme. Si c’est une femme, notre Wallonne aussi à 1,63 enfant. Cela paraît un peu caricatural et pourtant, c’est ce qui ressort de l’édition 2019 des Chiffres-clés de la Wallonie, publié par l’IWEPS (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique).

Tabac et alcool un peu plus que dans le reste de la Belgique

Globalement le Wallon se sent plutôt en forme, 74% des habitants du sud du pays se disent en bonne voire en très bonne santé. Cela s’explique peut-être par le fait que près de deux personnes sur trois mangent au moins un fruit par jour ou pratiquent une activité physique pendant leurs loisirs. Pas mal! Sauf que c’est un peu moins que la moyenne des Belges. En plus, 21,5% des Wallons déclarent aussi fumer quotidiennement, un homme sur dix avoue consommer un peu trop d’alcool (plus de 21 verres par semaine), de même qu’une femme sur 20 (plus de 14 verres par semaine). Là aussi, c’est plus que la moyenne pour l’ensemble de la Belgique. Et pour couronner le tout, on l’a déjà dit, en Wallonie, 59% des hommes et 42% des femmes sont en surpoids.

Les maladies cardiovasculaires ou cancers liés à de mauvaises habitudes alimentaires ou au tabagisme sont d’ailleurs pointés du doigt par les spécialistes pour expliquer l’espérance de vie plus basse des Wallons. En 2017, elle était de 79,8 ans alors qu’un Flamand pouvait lui espérer vivre jusqu’à 82,2 ans.

Des ménages monoparentaux fragilisés

Mais comment vivent les Wallons ? Si l’on s’intéresse à la composition des ménages wallons, 22,5% de ces ménages sont composés d’un couple sans enfant et 27,6% d’un couple avec enfant(s). En augmentation, 36% des ménages wallons sont en fait constitués d’une personne isolée et le nombre de ménages monoparentaux s’élève à 12,2%.

Fait interpellant, c’est parmi les ménages isolés et surtout monoparentaux que l’on retrouve la population wallonne la plus fragilisée. 51,6% Wallons dans un ménage monoparental vivent sous le seuil de pauvreté. Si l’on regarde les chiffres généraux, plus d’un Wallon sur cinq (21,8%) vit dans un ménage avec un revenu net inférieur à ce seuil de pauvreté, soit moins de 1.187 euros net par mois pour un isolé et moins de 2.493 euros net par mois pour un ménage de deux adultes et deux enfants de moins de 14 ans.

Autres indicateurs de précarité : 8,6% des ménages wallons vivent en situation de privation matérielle sévère (par exemple n’arrivent pas à se chauffer correctement ou à manger des protéines tous les deux jours…), 21,9% des Wallons vivent dans des logements humides. Enfin, 44,7% des locataires (aux prix du marché) ont un revenu net inférieur au seuil de pauvreté, c’est trois à quatre fois plus que chez les propriétaires.

Des Wallons vieillissants

Autre réalité visible dans ces Chiffres-clés, comme ailleurs dans le pays, les Wallons vieillissent. La part des plus de 65 ans représente aujourd’hui 18,6% de la population wallonne. D’ici 2071, elle devrait grimper jusqu’à 25,8%, avec une forte augmentation des plus de 80 ans (10,5% en 2071 contre 5,2% aujourd’hui).

Par contre la croissance de la population wallonne se tasse ces 10 dernières années. Les naissances en constante diminution ne compensent plus les décès. Si la population wallonne augmente encore légèrement, c’est grâce aux mouvements migratoires. En janvier 2018, la population étrangère représentait 10,2% de la population wallonne, la grande majorité (72,5%) de ces étrangers venant des pays l’Union Européenne, avec en première place l’Italie, suivie de la France… La France dont le nombre de ressortissants installés en Wallonie a augmenté de 41,1% en 15 ans.

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