A quatre mois des élections communales, la N-VA déploie les grands moyens

Il est bientôt 11h, près de 300 personnes se pressent au prestigieux château de Braaschaat, au nord d'Anvers, dans le fief de Jan Jambon. Theo Franken y est attendu pour son exposé sur l'immigration. Cela fait 3 ans et demi qu'il pratique l'exercice avec toujours plus de succès. La polémique paie, le thème aussi.

Le secrétaire d’État est connu pour son humour et son franc-parler. A peine arrivé, il évoque "la semaine tumultueuse passée, la kermesse au Parlement". Puis il se lance : "L'immigration de transit est une problématique quasi insoluble. Si tu prends tes responsabilités comme je l'ai fait pour le Soudan, cela conduit pratiquement à la démission. On met ta tête sous la guillotine et on la récupère dans le bac en dessous. Et les gens viennent voir. Ça a rapporté 2000 nouveaux membres en 14 jours"

Je suis aussi un homme fait de chair et de sang

La déclaration de Theo Francken se termine sous les applaudissements de l'assemblée. Le secrétaire d'État joue avec son public. Il est d'abord cynique, puis prend par les sentiments. "J’ai pris mes responsabilités, lance-t-il. Il n’y a plus de Soudanais, mais il y a du sang sur mes mains. Je ne peux pas l'oublier. Je suis aussi un homme fait de chair et de sang."

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Le public apprécie son ton, direct qui, à les écouter, dit les choses alors que d’autres esquivent. Même s’ils le trouvent populiste, ils sont derrière lui. "Je suis d’accord à 99 %, sur la forme, il devrait arrondir les angles. Il doit plus parler de façon modérée, mais il le fait bien", confie une militante.

Theo Franken aime la provocation. De la boxe qu'il a pratiqué étant jeune, il appris à donner des coup mais aussi à encaisser. La section locale profite de sa présence pour recruter de nouveaux militants.

La N-VA, un parti qui a les moyens

La N-VA n'a pas vraiment de problèmes d'argent. L'an prochain, grâce à ses nombreux mandataires, elle disposera d'un subside public de plus de 43 millions, selon le politologue Bart Maddens.

A quatre mois des communales, c'est le seul parti à louer un bus pour sillonner la Flandre, un peu sur le modèle américain.

Pour Bart De Wever, c’est la précampagne pour encourager les militants sur le terrain et aller à la rencontre des gens. D’autant qu’il n’y a pas que les communales. Il y a aussi tous les scrutins de 2019.

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