Des bourgmestres inquiets: "La situation des communes est catastrophique"

Un bourgmestre socialiste, un autre libéral, qui parlent d'une même voix: pour eux, la situation des communes devient intenable.

"Quand on voit l’ensemble des mesures qui sont prises, tant au niveau du gouvernement fédéral, régional que de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on manque de perspective, en tous cas en matière d’équilibre du budget", regrette François Bellot.

L'IPP diminue, les salaires augmentent...

Alain Mathot confirme: d'accord pour "faire des efforts... Mais à un moment donné on ne peut pas faire saigner une pierre!", s'exclame-t-il. "On n'était pas en déficit, on était en équilibre, et on a été chercher des économies pour faire face aux difficultés", avance-t-il à propos de la situation de sa commune. "Mais ce qu’on annonce est pire que ce qu’on pouvait imaginer. Il y a ici 13 millions et demi à aller chercher (...) c'est-à-dire 15 à 16% du budget". La fermeture d'Arcelor Mittal s'est avérée être sans surprises une catastrophe pour la région: 11 millions et demi de différentiel au niveau des comptes communaux, affirme Alain Mathot. Qui ajoute: "Je défend l’index évidemment au niveau national, mais au niveau employeur de la ville de Seraing, ça augmente les coûts de la ville", ajoute-t-il aussi. Ce n'est pas fini, en ce qui concerne Seraing: l'impôt sur les personnes physiques (IPP) diminue pour la première fois depuis longtemps, affirme Alain Mathot.

"On tape sur la table!"

L'avenir n'est pas plus rose à Rochefort, si l'on en croit son bourgmestre, François Bellot. "Pour l’instant, notre budget est toujours à l’équilibre, mais quand on annonce 14% d’augmentation des cotisations sociales sur les policiers, 7% sur le personnel statutaire du CPAS et de la Ville, rien que ça, en 2016, ça représentera un million d’euros; pour une ville comme Rochefort, sur un budget de l’ordre de 17 millions d’euros, ça représente 80 euros pas habitant", explique-t-il.

Les deux pointent l'augmentation des coûts de l'énergie ou des charges. Et François Bellot d'interpeller plutôt clairement le fédéral et les autres niveaux de pouvoirs: "Toutes les mesures qui sont prises au niveau fédéral ont un impact", dit-il, "parce que la commune est dans le fond une espèce d’entonnoir: nous exécutons des missions pour le fédéral, le régional, le communautaire". Par exemple, "au niveau de la réforme des services de secours, je peux vous dire qu’on tape sur la table, et qu’on la freine: on n’arrête pas de dire à madame Milquet que ce n’est pas possible d’accélérer le mouvement !"

"On peut imaginer des solutions", enchaine Alain Mathot. "On a des taux d’endettement parmi les plus bas à Seraing, on a des frais de fonctionnement qui sont réduits au minimum", et "nous avons initié le 'Master plan' avec le volonté de redynamiser l’économie", explique-t-il. Et dans les projets, il y a celui d'attirer des nouveaux habitants. "C'est très bien mais ça amène un certain nombre de frais, écoles etc... Ce n’est pas, hélas, une recette nette".

Attirer de nouveaux habitants

Une solution loin d'être parfaite, mais également choisie par la commune de Rochefort: "Attirer des familles; ce sont en général des personnes qui ont des revenus moyens. Ca permet d’avoir un peu plus dans le fonds de communes, ça nous permet d’avoir peu plus de perception de taxes communales et de taxes de l’IPP", admet-il.

Le relogement de familles à revenus moyens semble être la seule solution possible pour les deux maïeurs. D'autant que tous les deux se refusent, au contraire d'autres entités, à des licenciements secs au niveau du personnel communal.

W. F.

 

 

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