"A côté d'Aube Dorée, au Vlaams Belang ce sont des enfants de choeur"

Avec plus de 27% d’intentions de vote dans le dernier sondage, le Vlaams Belang confirme encore sa première place en Flandre. Peut-il arriver au pouvoir en 2024? Durablement? En Grèce, le parti d'extrême droite et néonazi Aube Dorée vient lui d'être qualifié d'"organisation criminelle" et banni. Faut-il recourir à la voie judiciaire pour condamner les partis d'extrême droite dès qu'ils dévient? Faut-il les interdire? Pour en débattre sur le plateau de CQFD: Manuel Abramowicz, rédacteur en chef de Résistance(s), le journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite, et Philippe Van Parijs, philosophe et économiste.

Il y a extrême droite et extrême droite

"En 2004, le Vlaams Belang qui s'appelait le Vlaams Blok a été condamné pour racisme", rappelle Manuel Abramowicz, "le Front National belge en 2006 a lui aussi été condamné pour racisme". Philippe Van Parijs insiste sur l'importance de distinguer les partis d'extrême droite: "Il y a extrême droite et extrême droite. À côté d'Aube Dorée, au Vlaams Belang ce sont des enfants de chœur. Entre des passages à l'acte criminel et des propos qui peuvent être considérés comme racistes et entre les deux des incitations à la haine et la violence, il y a une différence. Il faut aussi différencier ce qui est du fait des sympathisants ou des dirigeants du parti". 

"La décision qui vient d'être prise en Grèce est tout à fait justifiée, leur comportement est indéfendable au nom de la liberté d'expression", poursuit le philosophe, "mais il faut faire attention de ne pas aller trop loin. Il faut permettre aux partis d'avoir des positions très différentes à l'égard de l'immigration, du fédéralisme, etc."

Quelle responsabilité des partis dès lors?

Depuis les élections de mai 2019, tous les sondages donnent le Vlaams Belang vainqueur au Nord du pays. Le dernier l'accrédite de 27,1% d’intentions de vote, suivi avec 22,2% par la N-VA. "La stratégie du cordon sanitaire, l'ostracisme, ne fonctionne pas aussi bien que certains l'espéraient", estime Philippe Van Parijs qui poursuit: "Existe-t-il d'autres stratégies? Oui, d'abord, au lieu d'ostraciser, on peut essayer de discréditer, et comment discréditer un parti? Soit en mouillant les partis, c'est-à-dire en les faisant monter au gouvernement [...] Soit en les éclaboussant: c'est ce qui a été tenté en Autriche avec des révélations et des scandales à répétition". 

Une bonne ou mauvaise stratégie? "La question, c'est aussi qui voudra monter avec ces partis au gouvernement?", commente Manuel Abramowicz qui reste opposé à une rupture du cordon sanitaire, "et chez nous je ne vois pas qui le pourrait", conclut-il.

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