Un taux d'endettement de 116% du PIB: à cause du coronavirus, la Belgique a dû emprunter beaucoup plus que prévu

A cause du coronavirus, la Belgique a dû emprunter beaucoup plus que prévu
A cause du coronavirus, la Belgique a dû emprunter beaucoup plus que prévu - © Christophe Ketels / COMPAGNIE GAGARINE - BELGAIMAGE

La pandémie du coronavirus a inévitablement un impact sur les finances publiques belges. Les responsables de l’Agence de la dette l’ont expliqué ce jeudi aux députés, en commission " Budget et Finances " de la Chambre. En 2020, récession économique et augmentation des dépenses, en lien avec la crise du Covid, plombent la dette publique.

Le taux d’endettement s’envole

2020 ne sera pas une bonne année pour les finances publiques belges. La crise sanitaire plombe les comptes de l’Etat.  En 2020, le budget de l’État sera en fort déficit. Le solde de financement, c’est-à-dire le solde budgétaire, du secteur public sera de -10,20% du PIB, le produit intérieur brut, selon les dernières estimations de l’Agence de la Dette. 

Cela, combiné à une récession économique de l’ordre de 7,4% (selon les dernières estimations plus favorables) qui réduira les recettes, augmentera un peu plus la dette publique. Le taux d’endettement de l’Etat belge atteindra ainsi 116% du PIB, ce qui signifie que, si toute la richesse produite en un an en Belgique devait être consacrée à rembourser la dette publique, cela ne suffirait pas. La Belgique s’éloigne ainsi encore plus des fameux critères de Maastricht, adoptés au début des années 90 et qui fixent un objectif de 60% du PIB pour la dette publique.

Par rapport à 2019, le taux d’endettement augmentera de 17,3% en 2020. Cela devrait aller un peu mieux en 2021, année lors de laquelle l’Agence de la Dette espère que le taux d’endettement diminuera à 112,7% du PIB.

Les gestionnaires de la dette belge ont dû s’adapter aux conséquences de la crise sanitaire

La pandémie de Coronavirus et la période de confinement ont eu des conséquences importantes sur les finances publiques. L’Etat a eu des dépenses supplémentaires. L’arrivée du Coronavirus a augmenté les besoins de financement. L’Agence de la Dette a dû s’adapter en avril et en juin et emprunter 60,4 milliards d’euros, bien plus que ce qui avait été envisagé dans les prévisions pour 2020.

L’Agence de la dette constate, toutefois, qu’au cours des derniers mois, les besoins de financement se sont moins vite développés qu’attendu : le solde net à financer de l’Etat fédéral ne se montait ainsi qu’à 14,9 milliards d’euros à la fin août. Ce solde augmentera cependant encore d’une façon importante prochainement, on parle d'une douzaine de milliards, lors du paiement de la dotation d’équilibre à la Sécurité sociale, l’argent que l’Etat verse pour combler le déficit de la sécurité sociale. Ce qui fait dire aux patrons de l’Agence de la dette que sur base des chiffres actuels, le solde à financer pour l’année 2020 tournera autour des 30 milliards d’euros contre 40 milliards estimés précédemment.

Financement idéal de la dette grâce aux taux d'intérêts bas

L’Agence de la dette a lancé des emprunts à long terme, profitant des faibles taux d’intérêt en vigueur depuis quelques années, des taux " proches des plus niveaux historiques ", ont confirmé les dirigeants de l’Agence de la dette. Une OLO, obligation à long terme, à 7 ans a ainsi été lancée pour un montant de 8 milliards d’euros, ont-ils expliqué. 

L’Etat emprunte plus, mais cela ne lui coûte pas plus cher en termes d’intérêts à payer.  "La crise du Coronavirus ne semble pas avoir d’impact sur les principaux paramètres du portefeuille de la dette ", estime-t-on du côté de l’Agence de la dette. La baisse des taux a pour effet que le montant des charges d’intérêts en 2020, 7,92 milliards d’euros, représentera 440 millions d’euros de moins qu’en 2019. Ces charges d’intérêts continueront à baisser en 2021, selon l’Agence de la dette.

Les responsables de l’Agence de la dette estiment toutefois qu’en 2020, " ce serait pas mal de constater une baisse du déficit public ", pour pouvoir idéalement refinancer les dettes qui devront l’être. Rappelons que, de son côté, la Banque Nationale a récemment estimé qu’une dette qui dépasserait les 120% du PIB représenterait un problème de sécurité.

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