7400 kilomètres en solitaire : le rêve un peu fou d'un Belge à la Mini-Transat 6.50

C’est l’une des courses au large les plus difficiles. Elle pousse les marins dans leurs retranchements. Ils sont isolés pendant plusieurs semaines sur une coquille de noix, un voilier de 6,5 mètres totalement dénué de confort. Les 84 participants de la Mini-Transat La Boulangère quitteront le port de La Rochelle, en France, le 22 septembre prochain. Thibault Raymakers sera là. Deux ans qu’il prépare ce rendez-vous, deux ans qu’il rêve de ce départ.

Thibault Raymakers est un "voileux" depuis plus de 25 ans. Son père l’emmenait sur le bateau familial le week-end. Il a pris goût aux virements de bord, aux hissements de voiles, aux prises de ris (réduire la surface d’une voile)… Mais il restait le plus souvent le long des côtes. Jusqu’à ce que l’envie du large ne le rattrape. Tous les marins rêvent un jour de traverser l’Atlantique. Thibault ne fait pas exception. Il a trouvé son projet : faire la Mini-Transat. Un peu plus de 4000 milles nautiques (7400 kilomètres) en solitaire sur l’un des plus petits bateaux de course au large. Il a dû passer le cap des sélections en participant à plusieurs courses, mais, aujourd’hui, c’est certain, il sera sur la ligne de départ. Ils ne sont que trois Belges à tenter l’aventure.

Une course extrême

La Mini-Transat, c’est 5 semaines d’aventure. Une première étape mène les navigateurs à Las Palmas dans les Canaries. La traversée dure environ 7 jours. La seconde étape sera plus longue. Pour arriver à Marin, en Martinique, les bateaux vont devoir traverser l’Atlantique. Une navigation de minimum 15 jours.

Sur le bateau, aucun confort. La cabine est minuscule et il y a tellement de matériel à stocker que tout ce qui n’est pas utile a été supprimé : la douche, la toilette, la cuisine, la couchette… C’est sur les voiles de réserve que Thibault dormira quelques minutes de temps en temps. Quelques heures si tout va bien. Pas de matériel informatique sophistiqué comme sur les bateaux qui font le Vendée Globe ou la Route du Rhum. A bord il y a une VHF (radio de courte portée), un GPS, une BLU pour espérer capter l’un ou l’autre bulletin météo.

Pour le reste, les cartes, le sextant (et les étoiles) seront les meilleurs outils du navigateur. Il sera seul au monde. "Un vrai voyage introspectif", nous dit Thibault Raymakers. Il a choisi de faire cette aventure pour tester et dépasser ses limites. Il connaît les règles à respecter : anticipation et prévention.

L’impatience du marin

A quelques semaines du départ, le Belge est juste impatient. Il se prépare depuis tellement longtemps qu’il voudrait déjà y être. Il appréhende juste la séparation avec sa fille de 11 mois. Et la dernière nuit de la course. Car il saura alors que l’aventure est terminée.

Pour le reste, il sait que le manque de sommeil risque d’être un problème. Cela provoque des hallucinations auditives, visuelles qui peuvent le mettre en danger. Il a fait de la sophrologie pour mieux gérer les courtes plages de sommeil.

Il faudra aussi gérer les réserves d’eau et de nourriture. Manger suffisamment pour ne pas perdre de force. Il faudra aussi faire face aux éléments, prendre la route des Alizés où le vent peut atteindre 30-35 nœuds. Il suivra les traces de grands noms comme Loïc Perron, Michel Desjoyeaux, Ellen Mac Arthur… Il ne rêve pas du podium. Son seul souhait : finir la course et être le 15e Belge à atteindre cet objectif.

 

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