7,64 milliards d’euros pour relancer la Wallonie : les grands axes du plan et les mesures

Le gouvernement wallon a présenté ce vendredi les principaux axes des mesures prises pour relancer la Wallonie. Une vingtaine de mesures ont été définies. Elles sont réparties sur cinq axes.  

Au total, ce sont 7,64 milliards d’euros qui y seront consacrés. "Un montant choc pour relancer la Wallonie d’ici 2024", estime Elio Di Rupo (PS) le Ministre-Président Wallon.  L'accord de gouvernement, conclu avant la crise du Covid, prévoyait un plan de relance. La crise du Covid a bouleversé la donne, il a fallu tenir compte de la dégradation du contexte économique avec ce nouveau plan de relance. 

On parle même de près de 10 milliards d’euros, puisque viendront s’ajouter, d’ici au premier trimestre 2022, plus de deux milliards issus des fonds européens du FEDER et du FSE.

La somme de 10 milliards sera atteinte en partie par ces fonds européens, en partie par les autres fonds européens prévus dans le cadre du plan de relance post-covid, le fameux plan pour la Reprise et la Résilience, et en partie sur le budget wallon (Plan wallon de transition), le plan Get up Wallonia. Pour le reste, la Wallonie empruntera.

Les vingt mesures envisagées pour relancer la Wallonie sont, pour un grand nombre d’entre elles, "transversales et concernent plusieurs ministres", explique Elio Di Rupo.

Reportage JT de notre 19h30 :

Premier axe stratégique : miser sur la jeunesse, la formation et le néerlandais

Le plan de relance wallon s’appuie sur cinq axes. D’abord, il s’agira de miser sur la jeunesse et sur le talent. On parle ici d’1,44 milliard d’euros qui seront consacrés à l’amélioration de la formation initiale. La Wallonie veut aussi promouvoir la recherche et l’innovation.

Le gouvernement wallon veut aussi améliorer les compétences linguistiques des Wallons et des Wallonnes, en priorité la connaissance du néerlandais. "La Wallonie compte 3,65 millions de citoyens dans un pays qui en compte 11,5. La majorité est néerlandophone. Il est temps que la minorité que nous représentons, surtout les jeunes, puisse parler la langue de la majorité du pays", estime Elio Di Rupo, le Ministre-Président. "C’est un effort que nous devons faire", a-t-il ajouté.

Deuxième axe stratégique : la soutenabilité environnementale

Pour assurer la soutenabilité environnementale, 2,67 milliards d’euros sont prévus. On parle ici, par exemple de rénovation de bâtiments. 200 millions sont prévus pour l’isolation de bâtiments publics et privés, a annoncé Philippe Henry (Ecolo), ministre du Climat et de l’Energie. De quoi contribuer à atteindre l’objectif fixé de 55% de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La Wallonie veut déployer une stratégie bas-carbone.

Il est aussi prévu de soutenir le déploiement des énergies renouvelables dans les entreprises, chez les particuliers ou encore dans le secteur agricole.

La Wallonie prévoit de repenser la mobilité et de miser, par exemple, sur le transfert modal des personnes et des marchandises fait aussi parti du plan. C’était d’ailleurs l’un des axes défendu au niveau belge pour bénéficier des fonds européens pour la relance après la crise du Covid.

Partant aussi du principe que "31% des espèces sont menacées de disparition en Wallonie et que 9% ont déjà disparu", comme l’explique Céline Tellier (Ecolo), ministre de l’Environnement, il est prévu de renforcer les aires protégées, les réserves naturelles. On devrait créer 1000 hectares par an de nouvelles réserves. Deux parcs nationaux seront aussi créés en Wallonie.

Le gouvernement wallon veut aussi régénérer les forêts wallonnes et renforcer la filière "feuillu".

Troisième axe : amplifier le développement économique

La Région wallonne consacrera 1,26 milliard à cet axe.

L’objectif est ici de "stimuler une nouvelle politique industrielle", explique Elio Di Rupo.

Dans cet axe, il sera question d’assainissement des friches industrielles.

On parle aussi d’investissements dans la recherche et l’innovation. "C’est capital", explique le vice-président wallon Willy Borsus (MR), ministre de l’Economie. Les investissements wallons serviront, par exemple, à des programmes de recherche dans les universités et les centres de recherche et au financement d’infrastructures de pointe nécessaire à ces recherches.

L’idée est aussi de réformer la filière de l’alternance pour en faire une "filière d’excellence", explique Willy Borsus. Il s’agit de revaloriser les stages en entreprises, la coopération avec les entreprises et permettre aux jeunes de se tourner, par exemple, vers des métiers d’indépendants ou la direction d’entreprises.
270 millions d’euros seront aussi prévus pour des programmes de digitalisation et de numérisation. La Région Wallonne veut intensifier la numérisation de son économie.

Toujours dans l’économie, le gouvernement wallon veut valoriser les produits issus de l’agriculture wallonne en misant sur la transformation.

On veut favoriser l’économie circulaire

Le renforcement des forêts de feuillus en Wallonie ne poursuit pas qu’un objectif environnemental. Il aura aussi un intérêt économique. On veut ici "renforcer la filière pour éviter l’exportation de bois en Chine", explique la ministre de l’Environnement Céline Tellier (Ecolo).

Le tourisme sera aussi considéré "comme un moteur de développement économique", explique Valérie Debue (MR), ministre de la Fonction publique et du Tourisme, car il est "créateur d’emplois non délocalisables". Ici, il est envisagé de développer l’offre touristique à travers des circuits et des parcours, de répondre aux besoins de la clientèle d’être de plus en plus "connectée", d’accompagner le secteur dans la voie de la digitalisation. Le tourisme d’affaires sera aussi valorisé.

La relance économique pourrait aussi passer par le sport. En conférence de presse, Jean-Luc Crucke, le ministre du Budget et des Sports a cité l’exemple de la région du Yorshire où ont été organisés les Championnats du monde de cyclisme en 2019. Là-bas, le vélo a servi de moteur à la région. Selon le ministre, la Wallonie devrait s’en inspirer. "Il y aura un vélodrome couvert en Wallonie", confirme Jean-Luc Crucke. Des compétitions internationales pourraient y être organisées. D’autres disciplines "vélo" pourraient être développées autour du vélodrome et faire de la localité qui l’hébergera un pôle où l’on "déclinera le vélo pour tous", explique Jean-Luc Crucke.

Enfin, dans cet axe, la Wallonie veut renforcer la souveraineté alimentaire et investir dans les territoires locaux.

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Le gouvernement wallon a présenté les grands axes et les mesures de son plan de relance. ©  Santiago Urquijo

Quatrième axe : soutenir le bien-être, la solidarité et l’inclusion sociale, l’emploi

C’est avec la soutenabilité environnementale, l’autre axe important du plan de relance wallon. Ici, 2,12 milliards d’euros seront dégagés.

Il est ici question de renforcer l’inclusion sociale, de développer l’emploi, de protéger la santé et d’assurer l’égalité de genre.

On parle ici, par exemple, d’accès au logement. 400 millions d’euros sont prévus pour permettre aux Wallons de mieux accéder à la propriété, a explique le ministre wallon du Logement et des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon (PS), partant du constat "qu’un tiers des Wallons n’arrivent pas à financer leur prêt".

Il y a aussi des mesures "qui ont un effet levier en matière d’emploi et de bien-être", explique la ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances, Christie Morreale (PS). C’est notamment nécessaire après la crise du Covid, il faut "soutenir l’emploi dans les secteurs qui doivent être reboostés", explique la ministre de l’Emploi. C’est presque 1 milliard d’euros qui y sera consacré.

La ministre de l’Emploi entend s’inspirer de l’expérience française "Territoire zéro chômeurs longue durée". Il s’agit de "lancer des projets de ce type-là en Wallonie pour que chaque Wallon et chaque Wallonne qui le souhaite puissent avoir un travail stable avec un salaire digne", explique Christie Morreale (PS).

Au rayon bien-être, s’inscrit aussi la volonté de créer et rénover des places d’accueil la petite enfance, "pour permettre aux parents, particulièrement les femmes et les familles monoparentales d’accéder au marché du travail", explique Valérie Debue (MR).

Cinquième axe : une gouvernance innovante et participative

C’est l’axe qui recevra le moins de budgets. 149 millions d’euros y sont consacrés.

On veut ici que l’administration publique soit "mieux connectée aux usagés, qu’elle soit plus innovante et plus performante". Il est question "d’accélérer la transformation digitale de l’administration", explique la ministre de la Fonction publique, Valérie Debue (MR) en anticipant les besoins des usagers et en améliorant le suivi et la traçabilité des dossiers.

La Wallonie veut aussi encourager une "gouvernance participative".

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