7.000 emplois menacés avec la fin du nucléaire, c'est l'équivalent de deux Caterpillar

7.000 emplois menacés avec la fin du nucléaire, c'est l'équivalent de deux Caterpillar
7.000 emplois menacés avec la fin du nucléaire, c'est l'équivalent de deux Caterpillar - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Les équipes des centrales nucléaires de Tihange et Doel se sont réveillés avec une gueule de bois ce matin après l’annonce très claire de la direction d’Engie Electrabel qui a décidé d’arrêter d’investir dans la prolongation des réacteurs nucléaires, Doel 4 et Tihange 3. Damien Defourny, travaille à Tihange, pour lui c’est un choc même s’il était un peu attendu. " On ne s’attendait pas à une telle transparence de la part de notre direction. Maintenant, nous savions qu’il fallait des commandes du matériel de sûreté qui devaient être faites cette année si nous voulions continuer. En ce qui concerne le combustible, c’est l’affaire de quelques mois pas plus. Donc, effectivement, cette décision est une suite logique. "

Pour 10 emplois dans une centrale nucléaire, seulement un emploi dans une centrale gaz

 La décision n’était pas facile à prendre pour Engie-Electrabel mais elle est la conséquence d’un agenda industriel qui n’est pas le même que celui du politique. Les travailleurs, eux, se sentent coincés dans un engrenage. Les deux sites de Doel et Tihange représentent un total de 7000 emplois, dont 2000 statutaires. La fin du nucléaire à Doel et Tihange, ce sont donc, en chiffre l’équivalent de deux Caterpillaer mais causé, dans ce cas-ci, par une décision politique. Un certain nombre de travailleurs pourront se reconvertir dans les centrales au gaz mais ces emplois seront très loin de compenser ceux du nucléaire. Pour 600 à mille travailleurs qui assurent le fonctionnement d’un réacteur nucléaire, il y a à peine 60 travailleurs dans une centrale au gaz.

Des travailleurs de Tihange lorgnent vers la France

Romain Wijckmans est délégué CGSP-Gazelco, il constate depuis quelques années que de plus en plus de travailleurs du secteur nucléaire partent dans le secteur de la pétrochimie. C’est surtout le cas à Doel où la centrale est à proximité du port d’Anvers avec tous ses terminaux pétroliers et gaziers. A Tihange, c’est une toute autre question. Les travailleurs ont beau faire le tour d'horizon, les emplois n’abondent pas dans le secteur de l’énergie : très peu dans les centrales au gaz, pas du tout ou presque dans l’éolien.  Alors, certains lorgnent vers la France. " Travailler en Belgique, ne nous garantit plus rien ", observe Damien Defourny.


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Depuis longtemps, les travailleurs du secteur s’attendent à ce que le couperet tombe mais aujourd’hui, il se sentent abandonnés. " Surtout, ajoute Damien Defourny, nous nous sentons noyés dans le mensonge. Beaucoup de choses se racontent sur le nucléaire qui ne sont pas vraies. Voir nos centrales nucléaires remplacées par des centrales au gaz ou par une énergie importée d’Allemagne qui utilise beaucoup de centrales au charbon, ça nous frustre terriblement. Nous n’avons pas l’impression d’aller vers un mieux pour le pays. Très honnêtement.

Les travailleurs du secteur nucléaire sont aussi des travailleurs spécialisés. S’ils partent c’est une compétence qui disparaît. Si le scénario du démantèlement pur et simple se confirme, 2000 travailleurs du secteur nucléaire seraient au moins assurés de poursuivre leur travail...dans la filière du démantèlement.

 

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