63% des Belges "inquiets" face à la menace terroriste

63% des Belges "inquiets" face à la menace terroriste
63% des Belges "inquiets" face à la menace terroriste - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La menace terroriste effraie les Belges, c'est ce qui ressort du sondage RTBF-Dedicated-La Libre de ce mois de décembre 2015. 63%, soit près de deux Belges sur trois, se déclarent "assez inquiets" voire "très inquiets"; seuls 9% des sondés s'y déclarant "très peu sensible". Que redoutent-ils plus précisément? En premier lieu, des attentats comme ceux du 13 novembre à Paris (57%), viennent ensuite des agressions : sur les lieux où se rendent les enfants ou dans les transports internationaux (36%) ou sur les lieux où l'on se rend personnellement (35%). On retiendra aussi que 35% des Belges redoutent un impact sur leur vie de tous les jours ou la " simplicité de vivre ", surtout depuis les attentats de Paris.

Changement d'habitudes

Si dans la moitié des cas (51%), cette sensation de menace n'a pas eu pour conséquence un changement d'habitudes ou de comportements, à l'inverse, l'autre moitié est prête à prendre des décisions beaucoup plus draconiennes face à la menace terroriste. Ainsi, 22% des sondés ont décidé de ne plus planifier de vacances dans des pays menacés d’attentats, comme l’Égypte ou la Tunisie. Plus étonnamment, 16% envisagent de ne plus fréquenter des quartiers à forte concentration immigrée dans notre propre pays. 14% avouent qu'ils évitent ou songent à éviter de fréquenter les lieux publics ou de sortir dans des restaurants, des cafés ou des cinémas.

Du positif, du négatif

Les personnes interrogées estiment que la crise actuelle vont avoir des effet négatifs mais aussi positifs. Au rayon négatif, ils craignent les amalgames simplistes entre terroristes et populations immigrées (30%); le fait que la lutte contre le terrorisme mobilise des moyens financiers importants - qu'il aurait été plus opportun d'affecter à d'autres domaines (30%) et enfin les frustrations, les rancœurs qui risquent de nourrir le radicalisme (26%). Côté positif, 33% des Belges pensent que cela va obliger les autorités à mieux former ou contrôler les imams dans les mosquées belges, 31% estiment que les autorités vont davantage financer la lutte contre le terrorisme et que cela va amener la communauté musulmane en Belgique à "mettre de l'ordre" en son sein, à se responsabiliser (28%).

Les raisons du mal?

Dans le top 3 des raisons invoquées pour expliquer l'émergence des phénomènes de radicalisation, les sondés pointent le laxisme des autorités et leur manque de surveillance des milieux radicalisés; la "ghettoïsation" de certaines communes d'Anvers ou de Bruxelles, où les populations vivent renfermées sur elles-mêmes et l'attitude globalement très "ouverte", très ou trop tolérante de la Belgique envers les minorités.

Charles Michel plébiscité

De manière générale, il ressort de ce baromètre que les Belges approuvent à une large majorité les mesures déjà prises par le gouvernement: 80% des sondés approuvent par exemple la lutte contre la radicalisation dans les prisons par une meilleure détection des détenus radicalisés (80%) et l'extension de la liste des infractions donnant lieu à l'utilisation des méthodes particulières de recherche ou encore le gel des avoirs (77%).

Quant aux différentes autorités et au Premier ministre, ils reçoivent un bon bulletin. Ainsi, 45% d’entre eux estiment que les actions menées ont été satisfaisantes voire très satisfaisantes, 17% les considèrent au contraire insatisfaisantes - le reste ne se prononce pas. 45% des Belges estiment également que Charles Michel a bien géré la situation, 15% qu’il l'a mal gérée. Un Premier ministre considéré comme "crédible" et "honnête" par 1 Belge sur 5, particulièrement côté flamand.

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