6000 pistolets de la police défectueux: "Inacceptable!" selon le SLFP

Un pistolet présenté dans un cercle de tir
Un pistolet présenté dans un cercle de tir - © SCOTT OLSON - BELGAIMAGE

Des armes de service des agents de police sont potentiellement défectueuses. Il s'agit d'un lot de 6000 armes livrées par la firme américaine Smith & Wesson. La police fédérale est au courant depuis l'année passée, mais n'a pas informé les travailleurs, selon les syndicats.

En 2010, la police avait commandé 8000 exemplaires de ce pistolet de type MP9 pour un coût total de 4,35 millions d'euros, dont 6000 ont été distribués aux agents, les 2000 armes restantes étant gardées en réserve.

Deux problèmes ont été identifiés : l'instabilité du viseur et un problème d'enrayage. Les armuriers de la police ont commencé la semaine dernière à contrôler et réparer ces pistolets. Mais la direction de la police aurait oublié d'informer les syndicats et ses agents de ces défectuosités, selon Vincent Gilles du Syndicat libre de la fonction publique - groupe police : "L’employeur devait nous informer, pour que nous puissions informer les membres du personnel en bonne et due forme des risques que l’incident représentait pour eux dans leur activité journalière".

Le syndicaliste déplore que des agents utilisent depuis un an des armes défectueuses : "C’est ce qui provoque notre grande fureur à l’égard de l’administration policière fédérale". Vincent Gilles a connaissance de 144 incidents sur quelques 8000 armes disponibles : "On parle de l’outil de travail des policiers, on ne peut donc pas se permettre d’avoir ne fût-ce qu’un dixième de pourcent de risque que l’arme s’enraye. Et c’est cela qui est inacceptable. Depuis 9 mois, l’administration policière sait pertinemment bien que le risque existe, et n’a strictement rien fait à l’égard de ses partenaires que nous sommes, ni à l’égard des travailleurs que sont les policiers. C’est inacceptable, évidemment !"

6000 pistolets renvoyés

La porte-parole de la police fédérale Tine Hollevoet assure qu'il n'y a eu aucun incident sur le terrain.

Le fabricant américain ne reconnait aucun défaut de fabrication. La police fédérale assure que la firme vient de fournir toutes les pièces de remplacement nécessaires au bon fonctionnement de ces 6000 pistolets. "Aucun policier ne se retrouvera sans arme", affirme Tine Hollevoet.

Depuis la semaine dernière ce sont les armuriers de la police fédérale qui contrôlent 24 heures sur 24 les 6000 armes de service. Et cela prendra 3 mois.

Les syndicats ont bien l'intention de demander une réunion d'urgence et des explications sur ce dossier caché.

A.L. avec R. Sadani

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