50 mesures pour réduire la pauvreté en Wallonie

Un plan pour lutter contre la précarisation sous toutes ses formes
Un plan pour lutter contre la précarisation sous toutes ses formes - © Flickr - Lisa Larsson

Il était promis depuis quelque temps : le Plan wallon de lutte contre la pauvreté est tracé. Le gouvernement wallon en a livré les grandes lignes ce jeudi. Pas vraiment beaucoup de mesures nouvelles mais un plan plus cohérent où les associations de terrain ont pu appuyer sur quelques priorités. Ce ne sont plus des dispositions disparates mais un tout géré d’une façon plus ordonnancée.

Impliquer tout le gouvernement

Pas vraiment de budget supplémentaire, pas vraiment d’échéance précise, aucune mesure spectaculaire : ce n’est pas un plan révolutionnaire. L’avancée, c’est la gouvernance, le pilotage des dispositions, la prise en compte d’une réalité qui n’est pas flatteuse – 17,5% de Wallons sont en déprivation matérielle – mais qu’il faut prendre à bras le corps et que tous les ministres wallons sont supposés désormais intégrer dans leurs décisions. Christine Mahy, Secrétaire générale du réseau wallon de Lutte contre la Pauvreté, est satisfaite de cet aspect-là des choses. On a enfin compris, dit-elle, que "l’organisation des politiques publiques doit veiller à ce que les gens ne sombrent pas dans la pauvreté." Une pauvreté qui est plus souvent la conséquence de circonstances extérieures qu’une responsabilité personnelle.

Que prévoit le plan ?

Pas question d’agir sur l’augmentation de revenus : c’est une compétence fédérale. En revanche, il est possible, pour le pouvoir régional, de réduire les dépenses des ménages fragilisés.

Le plan prévoit donc une série d’actions – 50 au total – qui touchent aux domaines de la santé, de la politique familiale, du logement, de l’énergie, de l’alimentation, de l’eau, de la mobilité, des loisirs, des nouvelles technologies et de l’accès au droit. "On n’a pas voulu en faire un catalogue, explique Maxime Prévot, ministre de l’Action sociale. Ça n’aurait pas été aussi efficace si on avait multiplié les actions."

La plupart des dispositions sont d’ailleurs déjà en vigueur. Mais désormais elles sont modulées pour mieux coller aux besoins, aux situations difficiles. Le Ministre-président Paul Magnette précise : "On a essayé d’identifier les problèmes concrets avec eux (NDLR : les acteurs de terrain) (…) et chaque fois de penser la mesure la plus optimale pour répondre aux problèmes concrets que les personnes en situation de pauvreté rencontrent."

Pertinent ? Suffisant ?

Difficile à ce stade d’évaluer la pertinence des mesures. Les associations de terrain semblent toutefois satisfaites du premier pas qui vient d’être franchi. Ce n’est pas le plan tel que le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté l’aurait écrit, remarque Christine Mahy. Mais au moins, il y a eu un déclic. Elle ne manque d’ailleurs pas de noter ce changement d’attitude dans le chef des responsables politiques : "On a désormais la fierté de dire qu’on s’attaque à la pauvreté".

Encore faut-il que les dispositions mises en œuvre soient réellement efficaces. Pour que ce soit le cas, les différents interlocuteurs du gouvernement (associations impliquées dans la lutte contre la pauvreté, CPAS, administrations, scientifiques…) sont invités à faire évoluer le plan et à vérifier régulièrement les éventuelles avancées. "C’est de bonne gouvernance", observe encore Christine Mahy qui lance comme une promesse: "On ne va pas les lâcher".

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