5 ans plus tard, Elio Di Rupo se souvient de l'abdication d'Albert II: "J'avais refusé"

5 ans plus tard, Elio Di Rupo se souvient de l'abdication d'Albert II: "J'avais refusé"
5 ans plus tard, Elio Di Rupo se souvient de l'abdication d'Albert II: "J'avais refusé" - © Tous droits réservés

Un roi des Belges qui abdique. Hormis la délicate et particulière "Question royale" au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, qui a entraîné l'abdication de Léopold III, la Belgique n'avait jamais connu pareille situation. Dans l'entretien de 25 minutes que nous a accordé le Premier ministre de l'époque, le socialiste Elio Di Rupo, nous abordons les prémices, puis les coulisses de cet événement de l'histoire de Belgique. Pas de révélations fracassantes à prévoir - ce n'est pas le style de la maison - mais une série d'éléments intéressants : 

  • Plus qu'un simple refus sur le timing, la première réaction d'Elio Di Rupo quand, pour la première fois, Albert II lui annonce son intention de quitter son trône, est un refus clair et net. Il faudra parler, négocier, pour arriver à une solution qui agrée les deux hommes.
  • C'est le Premier ministre qui doit annoncer, au Prince Philippe, le refus du projet rapide (dans les deux semaines) d'abdication, tel qu'imaginé par Albert II.
  • Malgré les indiscrétions de la presse, et cette fameuse "Une" prémonitoire du journal Le Soir, le 2 mars 2012 annonçant une abdication le 21 juillet 2013, ni Elio Di Rupo, ni Albert II n'ont abordé la question avant que le Roi n'en parle, pour la première fois, le 15 avril 2013. "Je n'avais pas l'habitude d'aborder les titres de presse lors des colloques singuliers" sourit l'ancien Premier ministre.
  • Cette abdication n'a pas été une surprise pour Elio Di Rupo, pour qui on ne se rend pas compte à quel point être roi est un métier difficile, avec des horaires très longs. Difficile de garder un tel rythme à partir d'un certain âge.
  • Les discussions entre les deux hommes, autour de l'abdication, ont été "amicales, sans grande difficulté, sans aspérité" de l'aveu du socialiste.
  • Ce dernier mettra dans la confidence deux personnes de son cabinet, plus tard son porte-parole. A quatre, ils feront usage de messages codés pour communiquer sur ce dossier, par mail. La surprise sera totale, pour tout le monde, le 3 juillet : aucune fuite ne sera à reporter.
  • Elio Di Rupo garde un goût amer concernant le dossier de la dotation d'Albert II. Le Premier ministre propose aux membres de son gouvernement la somme de 1,4 millions d'euros, comme la reine Beatrix des Pays-Bas, qui venait d'abdiquer : refus de l'Open VLD. Dans l'entretien qu'il nous accorde, Elio Di Rupo insiste sur la relation différente qui existait entre lui et le Roi d'un côté, ses vice-Premiers et le Souverain de l'autre. Après avoir évoqué, il y a deux ans dans Autopsie, le fait qu'un froid existait entre Albert II et lui, aujourd'hui Elio Di Rupo confirme qu'il n'y a pas eu de rabibochage depuis...
  • Reste que pour le président du PS, Albert II a été un chef d'Etat "d'exception" qui a "sauvé le pays".

L'interview dure 25 minutes et est à découvrir, en intégralité.

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