300 manifestants à Bruxelles en soutien aux indépendantistes catalans condamnés

300 manifestants à Bruxelles en soutien aux indépendantistes catalans condamnés
300 manifestants à Bruxelles en soutien aux indépendantistes catalans condamnés - © JASPER JACOBS - BELGA

Entre 250 et 300 personnes, selon les estimations de la police, se sont réunies mardi à 12h30 au rond-point Schuman, face aux institutions européennes, pour protester contre la condamnation de neuf dirigeants indépendantistes catalans par la Cour suprême espagnole. Dans la foule, des Catalans de passage, des membres de l'ancien gouvernement régional mais aussi des représentants N-VA et quelques Wallons.

Massés derrière une longue banderole appelant à "se lever pour la Catalogne", l'ancien ministre régional de la Santé Antoni Comin, l'actuelle représentante du gouvernement de Catalogne auprès de l'Union européenne Meritxell Serret et l'ex-président de la Catalogne Carles Puigdemont, tous trois résidant en Belgique, ont insisté une nouvelle fois sur le caractère politique de la crise catalane.

"Il ne s'agit pas d'un problème catalan ou espagnol, cela nous concerne tous", a déclaré M. Puigdemont face aux institutions européennes. "Au nom de tous ceux qui sont persécutés, s'il vous plaît, aidez-nous", a-t-il lancé.

Les indépendantistes estiment en effet que les sept anciens membres du gouvernement catalans et deux représentants de la société civile condamnés pour sédition et, pour certains, détournement de fonds lundi par la Cour suprême espagnole, ont écopé de neuf à 13 ans de prison pour leurs idées sécessionnistes. Au terme de ce procès exceptionnel, qui s'est étalé sur plusieurs mois, les juges ont écarté le chef d'accusation, plus grave, de rébellion. Au total, 12 séparatistes catalans étaient poursuivis pour leur implication dans l'organisation d'un référendum d'autodétermination le 1er octobre 2017. Trois anciens membres du gouvernement catalan ont, eux, été condamnés à des amendes pour désobéissance.

Pour deux représentants du Collectif wallon pour la Catalogne, il s'agit surtout de soutenir la démocratie, plus que l'indépendance de la région espagnole. "Nous voulons attirer l'attention sur le déroulement du procès, sans véritable débat", dénoncent-ils.

Des militants N-VA brandissaient pour leur part une large banderole affirmant que "Nous sommes tous Catalans aujourd'hui". L'ex-secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken, la parlementaire bruxelloise Cieltje van Achter et le sénateur Mark Demesmaeker étaient également présents. "L'usage de la violence n'a jamais été prouvé, alors que les charges de rébellion et sédition avaient été retenues. En Espagne, la loi est utilisée pour violer les libertés fondamentales", a assené ce dernier.

La manifestation était organisée par la puissante association indépendantiste ANC, dont le dirigeant Jordi Sanchez a été condamné à neuf ans de prison. Ce rassemblement "est une réaction à un verdict scandaleux, qui crée un dangereux précédent en Europe. Or, l'Union européenne ne réagit pas", a dénoncé Eva Pruneda Ruiz, de l'ANC. Le gouvernement espagnol "ne peut pas fermer les yeux devant un million de personnes qui ont réclamé un référendum, ne pas soutenir ce processus démocratique puis mettre les leaders de cette contestation en prison."

Le cortège s'est dissipé vers 14h00.

CQFD (Ce Qui Fait Débat) 15/10/2019 : Irréconciliable Catalogne?

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