21 juillet: le Roi hausse le ton

Les mots du Roi dans un "cloud".
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Les mots du Roi dans un "cloud". - © worditout/RTBF

Inédit : dans son discours à l'occasion de la Fête nationale, Albert II "aurait aimé se réjouir", mais au contraire le souverain doit "déplorer" et surtout "met en garde", "fortement et avec conviction" contre les dangers de la crise que traverse le pays.

Albert II a tenu un discours très ferme en cette veille de 21 juillet 2011, tant dans le forme que dans le contenu. "Trop longue période d'instabilité politique", "urgence", "nécessité", "inquiétude". Les mots employés sont forts : le Roi déplore l'absence d'un gouvernement depuis de 400 jours. 

Le "body  langage" du Roi est éloquent : il ne tape pas du poing sur la table mais presque.

Il exhorte les hommes politiques à mettre fin à cette situation. Il se dit affligé : "J'aurais aimé me réjouir avec vous de la prestation de serment d’un nouveau gouvernement fédéral de plein exercice. Nous n’en sommes hélas pas là, et je le déplore".  

Le Roi rend d'abord hommage au travail du gouvernement en affaires courantes d'Yves Leterme qui "a su prendre efficacement les mesures nécessaires pour préserver dans l’avenir proche le bien-être des citoyens".

Une mise en garde solennelle

Mais cela ne suffit pas. Le souverain dit d'une voix grave qu'il s'est jusqu'à présent informé. Qu'il a encouragé. A présent il met en garde et veut le faire "publiquement et en toute transparence". La liste des périls engendrés par cette situation est longue : le Roi craint le poujadisme. Le citoyen ne comprend pas ce monde politique qui n'apporte pas de solution aux problèmes. Ce poujadisme est dangereux et néfaste pour la démocratie. "Cela crée chez beaucoup d’entre vous un sentiment d’inquiétude quant à l’avenir".

Le danger numéro 2 porte sur le bien-être économique et social. Si la crise dure, il sera menacé. Et puis l'Europe nous regarde. Grâce à notre diversité culturelle, nous étions un modèle : "Notre situation actuelle crée de l’inquiétude auprès de nos partenaires, et pourrait endommager notre position au sein de l’Europe, voire l’élan même de la construction européenne déjà mis à mal par les eurosceptiques et les populistes".

Fermeté dans les mots et dans les gestes

Albert II rappelle donc "solennellement les risques qu’une longue crise fait courir à tous les Belges", il exhorte "à nouveau tous les hommes et toutes les femmes politiques, et ceux qui peuvent les aider, à se montrer constructifs et à trouver rapidement une solution équilibrée à nos problèmes". Le Roi insiste sur le mot "rapidement". Un soupçon de colère dans la voix.

Pareil quand il articule avec force la suite : tout le monde doit faire "des concessions", "prendre ses responsabilités", faire preuve de "vrai courage" celui qui consiste "à chercher fermement le compromis qui rassemble, et non à exacerber les oppositions". Le ton est ferme et décidé. Le Roi ponctue ses paroles de gestes vigoureux.

Une nouvelle citoyenneté

Le Roi s'adresse aussi au citoyen. Lui aussi doit faire un effort. Il doit faire des pas concrets vers l'autre, en parlant sa langue, en s'intéressant à sa culture. Le Roi appelle ça la citoyenneté moderne. Les efforts ne doivent pas se faire à sens unique. Il faut essayer de mieux comprendre l'autre. 

Le Roi formule donc finalement l'espoir de voir bientôt prendre fin cette trop longue période d'instabilité politique. Et il formule un voeu d'une façon très particulière : "C’est avec le ferme espoir de voir bientôt prendre fin cette trop longue période d’instabilité politique que la Reine et moi, et notre famille, nous vous adressons nos meilleurs vœux pour une vraie Fête Nationale qui rapproche tous les citoyens".        

RTBF

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