Assassinat d'André Cools: 20 ans après, ses conséquences et ses zones d'ombre

Assassinat d'André Cools: 20 ans après, il reste toujours des zones d'ombre
Assassinat d'André Cools: 20 ans après, il reste toujours des zones d'ombre - © Belga

Il y a 20 ans, André Cools, ministre d'Etat mais aussi ancien président du PS, était assassiné sur les hauteurs de Liège. Un assassinat qui modifiera bien des choses au parti socialiste et ça, à travers tout ce que fera apparaître l'enquête. Une enquête où restent toujours des zones d'ombre.

En 1991, André Cools, même s'il n'est plus président du PS depuis 10 ans, est toujours un homme fort, craint et écouté. C'est lui qui a voulu que Guy Spitaels lui succède à la tête du parti socialiste et Philippe Moureaux, Guy Mathot ou Alain Van der Biest furent ses poulains. 

Mais en 1991, entre André Cools et Guy Spitaels, les rapports sont tendus. Tendus aussi les rapports d'André Cools avec presque tous les barons du PS liégeois. L'enquête sur la mort d'André Cools créera de nombreux séismes au PS. Notamment lorsqu'Alain Van der Biest, ancien ministre, est arrêté, soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat. 

Autre séisme en janvier 1994, dans le cadre de l'affaire Agusta-Dassault, Guy Spitaels, alors ministre-président wallon, Guy Coëme et Guy Mathot démissionnent le même jour. Jamais plus, ils ne retrouveront un poste de ministre. Dans le même temps, ça permettra l'ascension plus rapide de jeunes ministres comme Elio Di Rupo. Alors ministre de l'Enseignement, c'est lui qui remplacera Guy Coëme comme vice-premier ministre à 42 ans. 

Pour le PS, les années 90 furent loin d'être un long fleuve tranquille car, outre les affaires, les socialistes doivent assumer le plan global, mesures d'austérité prises pour répondre aux critères de Maastricht et des mesures d'économie drastiques dans l'enseignement. Mais, en 1999, le PS sauvera les meubles électoralement, même si pour la première fois c'est le PRL qui devient le premier parti de la Communauté française.

Il reste toujours des zones d'ombre

Survenue le 18 juillet 1991, l'affaire comporte toujours une part d'énigme : si les tueurs et les organisateurs ont été condamnés, le mobile du crime et son commanditaire restent un mystère.

Lors de l'enquête judiciaire menée par la juge d'instruction liégeoise Véronique Ancia, Richard Taxquet et Alain Van der Biest se sont accusés mutuellement. Pour l'ex-policier communal devenu secrétaire particulier du ministre wallon, Alain Van der Biest avait énormément d'ambition sur le plan politique et craignait de voir sa carrière brisée par André Cools à cause de l'anarchie qui régnait dans son cabinet, ce qui s'est confirmé dans l'analyse de ses carnets intimes où il écrivait souhaiter voir "crever" son mentor. Alain Van der Biest s'étant suicidé un an avant le procès, il n'a pas pu répondre devant les assises aux accusations de Richard Taxquet et a crié son innocence jusque dans la lettre d'adieu qu'il a laissée à sa femme.

Les liens avec les affaires Agusta-Dassaut et Smap jamais clairement établis

Au fil de l'enquête, la cellule Cools a par ailleurs creusé plusieurs pistes qui ont donné lieu à des scandales retentissants. 

Parmi celles-ci: l'affaire Agusta-Dassaut (André Cools aurait pu menacer de révéler les pots-de-vin versés au PS et au SP par la firme d'hélicoptères italienne et l'avionneur français pour obtenir des contrats avec la Défense) et l'affaire Smap (il aurait pu là aussi menacer de révéler les combines du directeur Léon Lewalle qui avait planqué des millions en Suisse) mais aucun lien avec la mort du ministre n'a jamais pu être clairement établi.


Marc Sirlereau et Belga

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