2021 devrait être l'année de la reconnaissance pour le bouddhisme belge

Cela fait 14 ans que les bouddhistes attendent leur reconnaissance en Belgique. Leur patience pourrait être prochainement récompensée. Le gouvernement De Croo a inscrit à son programme la reconnaissance officielle du bouddhisme comme philosophie non confessionnelle, et cela devrait se concrétiser en 2021.

 

Au Centre Samye Dzong à Bruxelles, la méditation quotidienne se déroule de 18h30 à 19h30. Inbal Yalon enlève ses chaussures avant d'entrer dans le temple. Elle se prosterne devant la statue de Bouddha "c'est un geste d'humilité, une façon de dire qu'on s'en remet à une autorité supérieure". Cela fait plus de quatre ans qu'elle pratique la méditation : "Après une période un peu noire, j'ai commencé par la pleine conscience, complètement laïque, puis je suis venue ici pratiquer et de fil en aiguille j'ai pris refuge auprès de Bouddha". Dans ce temple haut en couleurs flotte une légère odeur d'encens. Le guide de la méditation sonne le gong dans le bol tibétain et la méditation commence, en silence.

Comme Inbal, près de 150.000 belges se sentent proche du bouddhisme. L'Union Bouddhique Belge (UBB) compte une trentaine d'associations en Belgique dont une dizaine de centres à Bruxelles. La reconnaissance du bouddhisme permettrait aux adhérents de trouver plus simplement les vrais centres bouddhistes "et non des gourous qui s'intéressent plus à votre portefeuille qu'à la spiritualité" ajoute Carlo Luyckx, président de l'UBB. Le bouddhisme pourra également se faire une place dans l'enseignement scolaire au même titre que les autres cultes déjà reconnus, et les aumôniers seront autorisés à donner des cours de méditation dans les prisons et les hôpitaux. 

Les bouddhistes de Belgique sont prêts

Lorsque l'on demande à Carlo Luyckx s'il est impatient d'obtenir la reconnaissance du bouddhisme en Belgique, il répond d'un ton apaisé : "Dans le bouddhisme on cultive la patience, ça fait 14 ans que nous attendons mais nous continuons à insister". Insister oui, car le dossier de l'Union Bouddhique Belge est fin prêt. Depuis 2008, l'UBB reçoit environ 150.000€ par an pour se structurer en vue de cette reconnaissance.

Dans le bouddhisme on cultive la patience !

La déclaration gouvernementale stipule que : "le gouvernement, en concertation avec les entités fédérés, reconnaîtra l'Union Bouddhique Belge comme une organisation qui fournit une assistance morale dans une perspective non confessionnelle". Le bouddhisme n'est pas une religion tel que le catholicisme, l'islam ou le judaïsme. Le bouddhisme ne vénère aucun Dieu(x). Il sera reconnu comme philosophie non confessionnelle, au même titre que le laïcité organisée.

L'enjeu de cette reconnaissance, notamment pour l'Etat, c'est "la consolidation d'un système" explique Caroline Sägesser, chercheuse au Centre de recherche et d'informations socio-politiques (Crisp), "cela montre que nous sommes dans un Etat ouvert et moderne" ajoute-t-elle.

Mais la reconnaissance implique un droit de regard du gouvernement dans l'utilisation des subventions des cultes. Pour Carlo Luyckx, ce n'est pas un problème : "Nous ne craignons pas le regard du gouvernement ou des autorités dans le fonctionnement de nos centres, c'est logique quand il y a des subsides qu'ils puissent vérifier la comptabilité, et c'est déjà le cas maintenant".

Prévue pour 2021, la reconnaissance du bouddhisme lui donnera du poids et de la légitimité en Belgique. Le bouddhisme viendra s'ajouter aux sept cultes et philosophie non confessionnelle déjà reconnus en Belgique.

 

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