1er mai : Elio Di Rupo charge le "gouvernement MR-N-VA"

1er mai : Elio Di Rupo charge le "gouvernement MR-N-VA"
1er mai : Elio Di Rupo charge le "gouvernement MR-N-VA" - © DIRK WAEM - BELGA

Sans le PS, rien ne va plus... C'est en tout cas la tonalité du message du 1er mai prononcé par Elio Di Rupo à Baudour. Le président du PS a chargé le gouvernement qu'il appelle "MR-N-VA". Il a fustigé les atteintes au pouvoir d'achat et aux droits des travailleurs, "sans précédent depuis plus de 30 ans".

"Il n'a pas fallu six mois, sans les socialistes au gouvernement fédéral, pour que toutes les digues se rompent". Elio Di Rupo a prononcé à Baudour, près de Mons, un discours de 1er mai sans appel. "Les travailleurs n'ont plus de relais au gouvernement et ils paient au prix fort l'absence du PS."

Elio Di Rupo liste ces pertes de pouvoir d'achat : le saut d'index, les mesures en matière de pensions, l'absence de taxation sur les plus-values pour les spéculateurs. "Quel manque de respect pour les travailleurs!", s'est-il indigné, qualifiant au passage le gouvernement "d'ultra-droite". 

Il a rappelé la proposition de loi du PS en matière d'impôt sur les grosses fortunes : elle pourrait selon lui rapporter à l'Etat jusqu'à 2,3 milliards d'euros. Il a dénoncé ce qu'il considère comme deux poids, deux mesures : "quand il s'agit des diamantaires, alors là, le gouvernement de Charles Michel trouve une solution sur mesure pour assurer le rayonnement des bijoux anversois!"

A contrario, il a vanté les mérites du travail du PS dans les gouvernements régionaux, en Wallonie, à Bruxelles, et en Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Paul Magnette: le PS s'apprête à un "long et difficile" combat pour réaffirmer ses valeurs

"C'est un long et difficile combat, il nous faudra beaucoup de patience et de persévérance" pour "réexpliquer à l'opinion la force et la grandeur des valeurs socialistes", a-t-il souligné, appelant à ne pas mener "un 1er mai de rancoeur et de regrets stériles".

Au pouvoir dans les gouvernements fédérés mais rejeté dans l'opposition au fédéral, le PS n'a "pas perdu les élections, on nous a mis dehors", a-t-il jugé, estimant que la seule chose qui unit un gouvernement fédéral "chamailleur, c'est le rejet du PS".

Paul Magnette a appelé les militants à reprendre, à travers le "chantier des idées" que le PS ouvre, certains combats du socialisme comme la réduction du temps de travail, les interruptions de carrière pour permettre l'émancipation ou les soins aux proches, etc, mais aussi "nous interroger sur ce que l'on a peut-être fait de moins bien".

Appelant à la lucidité et la pédagogie pour lutter contre les "fausses évidences assénées depuis des années par la droite", face à une "gauche européenne en crise", il a demandé aux militants de ne pas recourir aux slogans faciles, aux raccourcis et aux "y a qu'à".

Jean-Claude Marcourt appelle le PS à se ressaisir face à la droite

"Notre parti doit se reprendre, se ressaisir. Nous payons aujourd'hui l'excès de loyauté pendant de longues années envers ceux qui n'en ont eu aucune à notre égard", a-t-il lancé devant les militants réunis dans le Parc d'Avroy. Selon lui, pour réaliser le "changement de régime" auquel ils aspirent, les partis de droite ont un ennemi: le PS. "La droite a une obsession: il faut abattre le PS par tous les moyens", a affirmé M. Marcourt. Et d'ajouter, en visant également à l'extrême gauche le PTB: "Ils participent tous à ce qu'on appellerait aujourd'hui le PS bashing, ce sport à la mode qui voudrait que nous soyons responsables de tout, même des décisions de l'actuel gouvernement".

Comme chaque année, le 1er mai était fêté à Liège dans le cadre de l'Action commune. Les responsables du parti, du syndicat et des mutualités ont pris la parole ensemble. Le président de la FGTB liégeoise a appelé les militants à s'unir pour créer le rapport de force le plus puissant possible face au gouvernement fédéral. "Nous devons créer le plus largement possible des rapports de forces. On ne pourra pas continuer à espérer améliorer nos acquis si nous ne résistons pas ensemble", a-t-il dit.

Laurette Onkelinx mobilise autour des "mensonges de la droite"

"Plutôt que de parler du fond, à savoir le partage des richesses, les partis de droite nous attaquent sur la forme. La droite nous déteste parce que nous incarnons la lutte pour obtenir la part de bien être et de la richesse nationale que le marché seul ne donnera jamais aux travailleurs", a notamment dit Mme Onkelinx.

Sans jamais citer de nom, la présidente du PS bruxellois a évoqué les "mensonges" de la droite lorsqu'elle dit vouloir défendre le travail car "être pour le travail, et contre le salaire n'a pas de sens" ou vouloir améliorer le système fiscal en préservant les grandes fortunes.

Aux yeux de Mme Onkelinx, la droite ment aussi en disant que le projet d'accord de libre échange transatlantique va augmenter le revenu des ménages européens. Le PS demande la suspension des négociations car "la philosophie même du traité en préparation est celle qui a provoqué les grandes crises économiques et mené aux politiques actuelles d'austérité".

Se félicitant de l'impact de la garantie jeunes sur les chiffres du chômage des jeunes à Bruxelles, Laurette Onkelinx a par ailleurs demandé au gouvernement bruxellois de doubler le nombre de personnes sous contrat de travail article 60 au départ des CPAS pour atteindre le cap des 10.000/an d'ici 2020.

La présidente de la fédération bruxelloise du PS n'a par ailleurs pas caché qu'elle était fâchée "du spectacle que nous, et d'autres, ont montré" dans le contexte de la commémoration du génocide arménien.

Pour galvaniser les militants venus en grand nombre à la Maison du peuple de Saint-Gilles dans leurs combats futurs, Laurette Onkelinx avait invité la ministre française de la Justice, la socialiste Christiane Taubira qui a elle aussi pris longuement la parole autour de la place de la gauche dans un monde globalisé.

Rudy Vervoort: "Le recul du politique est celui des idées de gauche"

"Le recul du politique correspond à celui de nos idées de gauche et réciproquement. La droite n'a fondamentalement jamais eu besoin de politique, de règles trop contraignantes, d'organisation des services publics, ni trop besoin que l'on collecte l'impôt", a dit le ministre-président bruxellois. Mais pour Rudi Vervoort, le politique fait son retour via le combat des mesures décidées par le gouvernement "des nantis, et des inégalités sociales qui sévit au 16 Rue de la Loi".

Le chef de file socialiste au gouvernement bruxellois a par ailleurs jugé que le gouvernement fédéral était en train de réaliser le rêve de la N-VA: "montrer que l'Etat Belgique ne marche pas" en exprimant son mépris vis-à-vis des entités fédérées.

Soulignant que c'est parfois dans les petites compétences que l'on voit poindre les enjeux essentiels de phénomènes qui "préfigurent des mutations capitalistes", Rudi Vervoort s'est livré aussi à une attaque en règle de la multinationale de ride-sharing Uber.

Pour lui, il s'agit d'"une nouvelle forme de la dérégulation générée par le capitalisme mondialisé, qui vise tous les pans de l'économie reposant sur les PME, les artisans, les travailleurs indépendants et les professions libérales".

"Si nous ne sommes pas capables de voir ce danger, que dirons-nous demain lorsque se constituera quelque part un Uber électricien ou un Uber plombier. Et puis pourquoi pas, ensuite, un Uber médecin, un Uber avocat... un Uber journaliste. Ah non, celui-là existe déjà", a-t-il ironisé.

J. Montay avec Belga

 

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