150 militaires déjà déployés à Bruxelles et Anvers, le double bientôt

Des militaires patrouillant dans les rues d'Anvers ce samedi
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Des militaires patrouillant dans les rues d'Anvers ce samedi - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les mesures annoncées, ce vendredi, par le gouvernement fédéral sont déjà mise en place. Quelque 150 militaires, soit l'équivalent d'une compagnie, provenant du bataillon de Chasseurs ardennais et du 3ème bataillon parachutiste, sont déployés depuis samedi matin pour protéger "statiquement" une quinzaine de sites sensibles à Bruxelles et à Anvers, un nombre appelé à doubler au cours de la semaine prochaine, ont indiqué les principaux responsables du ministre de la Défense.

"On a commencé avec 150 hommes, l'équivalent d'une compagnie. Cela va évoluer vers deux compagnies complètes", a affirmé le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), au cours d'une conférence de presse à Bruxelles.

Ces militaires sont chargés de missions de protection et de surveillance de certains lieux "stratégiques", comme des ambassades (Etats-Unis et Israël notamment), des installations du gouvernement belge ou encore des institutions juives.

Ce déploiement a été rendu possible par une adaptation du protocole régissant la coopération entre le Service public fédéral (SPF) intérieur et le ministère de la Défense approuvée dans la nuit par le gouvernement, a précisé M. Vandeput.

A 07h00, les différents points étaient occupés, a pour sa part indiqué le chef des opérations - et numéro deux - de l'armée, le lieutenant-général Marc Compernol.

"Nos gens sont entraînés pour protéger des points sensibles", a expliqué le chef de la Défense (Chod), le général Gerard Van Caelenberge, en faisant référence à des missions passées ou en cours, comme en Afghanistan et au Mali.

"Ce qui est différent, c'est que cela est allé très vite. Les militaires opèrent cette fois dans un environnement non habituel (le territoire belge) et sous les ordres de la police, donc avec une chaîne de commandement et de contrôle" spécifique", a souligné le "patron" de l'armée.

"Des raisons suffisantes pour mettre l'armée dans les rues"

Vendredi déjà, Bart De Wever avait annoncé leur déploiement immédiat à Anvers. Pour le bourgmestre, cette mesure est nécessaire, et urgente, au vu des nombreuses cibles potentielles qui se trouvent à Anvers, et qui nécessitent une surveillance permanente : "Désormais la menace est au niveau 3 sur l'ensemble du pays, mais à Anvers, il y a des endroits qui ont presque toujours dû vivre à ce niveau de terreur-là. Les forces de police locales ont des difficultés à sécuriser ces cibles potentielles. Il n'y a pas suffisamment de personnel pour arrêter des personnes équipées d'armes de guerre. Il y a donc des raisons suffisantes pour mettre l'armée dans les rues, comme dans d'autres pays où c'est tout à fait normal comme en France et en Italie".

A Bruxelles, six militaires sont postés depuis samedi matin devant le Musée juif à Bruxelles, victime d'une attaque qui avait fait quatre morts en mai dernier.

Des mesures exceptionnelles, dans un contexte exceptionnel. D'accord dit Alexis De Swaef, président de la Ligue des Droits de l'Homme, pour autant que ces mesures restent proportionnelles. Mais il reste tout de même sceptique quant à l'idée de mettre des militaires dans les rues : "Nous sommes extrêmement réservés. D'abord de savoir si c'est le rôle de l'armée d'être dans les rues. Ce n'est pas le même métier. Donc, il aurait peut-être fallu donner davantage de moyens à la police plutôt que d'enclencher l'armée. Cette mesure ne peut évidemment qu'être temporaire".

Du côté de la population, ce n'est pas toujours très bien vu non plus à l'exemple de cette passante :"Ca ne me rassure pas. Des militaires, en armes, on n'a pas l'habitude de ça, surtout pas en ville. C'est un sentiment étrange".

Rappelons que c'est sur proposition des ministres de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et de la Défense Steven Vandeput (N-VA) et sur la base de l'analyse des différents services de sécurité, le Comité ministériel restreint a décidé de mobiliser progressivement jusqu'à 300 militaires pour renforcer les mesures de vigilance et de sécurité. Cette décision intervient à l'issue du Comité ministériel restreint convoqué vendredi soir, à la suite du relèvement du niveau de la menace passant de deux à trois sur une échelle de quatre.

RTBF

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