Déjà en vol, les F-16 belges on reçu le feu vert de la Chambre

Les F-16 belges ont décollé à 16h30 vers la Grèce.
5 images
Les F-16 belges ont décollé à 16h30 vers la Grèce. - © Tous droits réservés

La Chambre a approuvé ce vendredi après-midi à 17h45 la participation de la Belgique à la mission internationale contre le groupe terroriste Etat islamique. 114 députés ont voté en faveur de la Résolution, 2 contre et 10 se sont abstenus. Dès avant le vote, les avions étaient partis à 16h30 pour la Jordanie, avec une halte prévue en Grèce. Un vote identique a eu lieu pratiquement au même moment en Grande-Bretagne, officialisant le ralliement des Britanniques à la coalition militaire internationale. La Turquie semble sur la même voie.

Les six chasseurs-bombardiers F-16 belges appelés à intervenir en Irak contre les djihadistes de l'Etat islamique ont décollé vers 16h30. Ils ont pour destination la base aérienne grecque d'Araxos, première étape de leur déploiement vers la base aérienne Mufaq Salti près d'Azraq (centre-est de la Jordanie), à une centaine de kilomètres d'Amman, la capitale jordanienne, d'où ils opéreront au dessus de l'Irak, selon des sources concordantes. Araxos, une base de la force aérienne grecque elle aussi équipée de F-16, est l'endroit d'où les avions de combat belges ont opéré durant sept mois en 2011 lors de la campagne aérienne en Libye qui a conduit au renversement du régime du colonel Mouammar Kadhafi, l'opération "Unified Protector".

Au total, 120 hommes participent à l'opération. Un vingtaine de militaires  établiront les plans de vol et guideront les pilotes. Une soixantaine  se chargeront de la maintenance technique des avions, des radars et des armements. 30 soldats seront chargés de sécuriser nos hommes et notre matériel. Deux médecins accompagneront aussi le détachement. A noter qu'un "red card holder" est présent au Qatar. Ce militaire est la personne habilitée par la Défense à autoriser, ou non, les missions des F-16 de l'armée belge. Pour rappel, le gouvernement en affaires courantes a strictement balisé la mission des F-16 : uniquement sur le territoire irakien. 

Le départ de nos soldats a été entouré d'une grande discrétion. Pas d'adieux avec les familles devant les caméras. L'armée  a tout fait pour que nos pilotes ne puissent pas être pris pour cible. Chacun est prié d'être discret dans ses contacts, dans ses courriers et sur internet. La photo du pilote en mission posant devant son appareil, on oublie.

Pourquoi Ecolo s'est abstenu

Au terme du débat au Parlement, et juste avant le vote (114 pour, 2 contre, 10 abstentions), le ministre des Affaires étrangère Didier Reynders a voulu préciser que pour la Syrie, toutes les initiatives sont prises sur le plan humanitaire, mais que le Conseil de Sécurité de l’Onu interdit toute intervention militaire. "Pour l’Irak notre intervention est conforme au droit international. Il s’agit d’une action indispensable pour mettre fin à des actes barbares. " Au nom du gouvernement, il a déclaré être conscient des risques encourus. "Il faut penser aux militaires et à leur familles. Il y a des risques pour les populations civiles sur place. On ne peut jamais garantir qu’il n’y aura pas de victime. Et il faut penser aux Belges à l’étranger qui peuvent,eux aussi, courir des risques."

A propos d’une question concernant l’aide humanitaire dans ces régions. Le ministre des Affaires étrangères a précisé que le gouvernement "essaie d’apporter cette aide par des C-13. Nous travaillons avec des ONG sur le plan local. Mais ce n’est facile, ni en Syrie, ni en Irak. L’intention du gouvernement est de travailler dans tous les cas avec la participation complète du Parlement. "

Ecolo a refusé de se prononcer en faveur de cette opération militaire. Le parti écologiste s'est donc abstenu. C'est ce qu'avait déjà annoncé Benoit Hellings, député fédéral Ecolo, invité sur le plateau du JT de 13H. A la Chambre, Ecolo s'est étonné du manque de précision dans la note du gouvernement belge portant sur l'envoi de soldats en Irak. Il a comparé la situation avec celle des Pays-Bas où les conditions de l'engagement sont fixées avec une grande précision dans un document officiel.

"Ecolo et Groen! veulent faire quelque chose pour détruire ce groupe terroriste qui créé tous les problèmes d'instabilité dans la région et crée ces millions de réfugiés, mais est-ce que l'option militaire, seule, est la solution, ce n'est pas notre point de vue", a-t-il expliqué à Véronique Barbier. "L'action militaire, seule, on l'a vu en Afghanistan, on l'a vu en Libye, cela n'amène pas la stabilité qu'on espérait (...) donc, ici, on va s’abstenir parce que, oui, il faut faire quelque chose, mais pas ça".

Pour Benoit Hellings, la solution est "politique" : "C'est mettre les Sunnites autour de la table en Irak (...); il faut aussi trouver une solution pour le partage du pétrole sur place; la place des minorités dont les Kurdes; il faut aussi trouver une solution démocratique".

Pour y arriver, "l'ONU doit être là et faire en sorte que les acteurs qui sont mêlés là-dedans (Iran, Arabie Saoudite, le Qatar) soient autour de la table et trouver une solution politique définitive qu'éventuellement un plan militaire et un plan politique doivent mettre en œuvre".

Quant à savoir ce que la Belgique peut apporter, il répond : "Elle a une grande expertise dans la gestion des minorités, elle a une grande expertise dans la gestion des conflits". Pour le reste, il faut selon le député Ecolo, "avant tout, assécher l'attraction de cette zone pour les terroristes, pour le jihadistes, et pour ça, c'est déjà de ne pas en faire des martyres".

"Nous ce qu'on veut, c'est que le plan politique soit là avant l'action militaire et que l'armée serve un plan politique et non pas l'inverse", a-t-il conclu.

 

 

Irak: feu vert britannique et probable participation Turque

Les députés britanniques réunis en session extraordinaire ont adopté ce vendredi après-midi à une très large majorité une motion du gouvernement autorisant le recours aux frappes aériennes en Irak contre le groupe Etat Islamique. Le vote de ce texte officialise le ralliement des Britanniques à la coalition militaire internationale

En Turquie aussi les choses bougent. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a officialisé vendredi le revirement de son pays dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et ouvert la porte à une très prochaine participation à la coalition militaire réunie par les Etats-Unis.

Dès son retour de l'assemblée générale de l'ONU, M. Erdogan a confirmé devant la presse le virage de la Turquie amorcé après la libération, le 20 septembre, des 46 ressortissants turcs retenus en otage par l'EI depuis le mois de juin.

"Notre position a maintenant changé. Le processus qui va suivre sera totalement différent", a-t-il déclaré à la presse à son arrivée à Istanbul.

"Comme vous le savez, un projet de mandat va être déposé au Parlement. Il sera discuté le 2 octobre et j'espère que les mesures nécessaires pourront être prises dès qu'il sera voté. Ce mandat autorise l'intervention des forces armées", a rappelé le chef de l'Etat.

Le pouvoir islamo-conservateur turc avait jusque-là refusé d'intégrer la coalition militaire réunie par les Etats-Unis pour lutter contre l'EI, qui a commencé cette semaine à bombarder des cibles jihadistes à l'intérieur du territoire syrien.

Ankara avait notamment exclu d'ouvrir sa base aérienne d'Incirlik (sud) et son espace aérien aux avions à destination de la Syrie.

Soupçonné d'avoir longtemps armé les mouvements les plus radicaux, dont l'EI, en guerre contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, le gouvernement turc a notamment justifié son abstention par la nécessité de protéger la vie de 46 de ses ressortissants enlevés en juin dernier par les jihadistes à Mossoul (Irak). Ces otages ont été libérés il y a six jours après des négociations qui, selon des informations de la presse turque que les autorités d'Ankara n'ont pas démenties, ont abouti à l'élargissement d'une cinquantaine de militants jihadistes détenus en Turquie.

RTBF avec agences

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK