120 blindés de l'armée à l'arrêt pour cause de fissures

Les 120 LYNX blindés de l'armée hors service, certaines  missions sont suspendues
Les 120 LYNX blindés de l'armée hors service, certaines missions sont suspendues - © LA DEFENSE

On peut appeler cela une tuile. Lors d’un contrôle de routine de ses véhicules, la Défense s’est rendu compte que certains blindés présentaient des fissures sur le châssis. Il s’agit LYNX blindés et équipés d’armement, des "véhicules légers multirôles" comme le précise l’armée. Tous sont en service depuis 2007

Par mesure de prudence, l’état-major a décidé de retirer de la circulation tous ces véhicules LYNX blindés, soit tout de même 120 au total. Une mesure temporaire, le temps de contrôler minutieusement les blindés. Chacun sera ainsi démonté et passé au scanner. Cette inspection pourrait donc prendre un certain temps, mais la défense se refuse pour l’heure à évaluer combien exactement. Les véhicules ne présentant aucun problème seront ensuite remis en circulation.

A noter tout de même, les 320 véhicules non blindés du même type ne présentent eux pas d’anomalie et restent donc en circulation.

Un impact sur les missions à l’étranger et en Belgique

Même temporaire, la mise hors service de ces 120 LYNX blindés aura un impact sur les missions de la Défense. Car ces véhicules remplissent des tâches variées que ce soit pour la composante terre, air ou médicale de l’armée. Ils servent souvent comme véhicule de liaison lors d’opérations humanitaires et de soutien de la paix. Leur caractère tout-terrain et léger fait qu’ils sont appréciés pour leur grande mobilité.

Actuellement, 29 LYNX blindés participent à des opérations et exercices à l’étranger, comme au Mali ou en Afghanistan. Ces véhicules servent par exemple à effectuer des patrouilles au Mali dans le cadre de la mission de l’ONU (MINUSMA). Les patrouilles sont donc suspendues pendant que les LYNX subissent, sur place, cette fameuse inspection.

En Belgique, 26 Lynx sont mobilisés pour la sécurisation de nos bases aériennes. Les autres servent à d’autres missions ou à des exercices.

Les syndicats pointent "les bricolages de l’armée"

Contacté par nos soins, le syndicat militaire ACPM-CGPM ne se dit pas surpris par ces problèmes car c’est l’armée belge elle-même qui a équipé ces véhicules. Son président Yves Huwart explique : "A l’origine, ce sont des véhicules légers. L’armée les a équipés elle-même à Rocourt, elle a posé des plaques de blindage. Mais ils ne sont pas conçus pour un tel blindage et un tel équipement. C’est une surcharge trop importante. Donc ils ont toujours posé problème, par exemple avec les freins ou encore car ils dépassaient les limites en matière de bruit. C’est du bricolage et c’est symptomatique du manque de moyens de l’armée."

Aujourd’hui, la Défense assure que la situation est sous contrôle et insiste sur sa volonté de ne prendre aucun risque inutile en matière de sécurité. Reste que cette mise à l’arrêt n’est pas des plus confortable pour l’armée. Impossible de savoir combien de temps cela va durer mais aussi quel sera le résultat des inspections. Si seuls quelques véhicules sont défectueux, cela reste gérable mais s’il s’avère que l’ensemble de la flotte n’est plus fonctionnel c’est un réel problème. L’armée a bien prévu de remplacer ces LYNX blindés mais attend pour cela une décision politique et on sait que dans ce genre de dossier, cela peut prendre du temps.

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