Wallonie, vaisselle cassée

Et si finalement la Wallonie était un peu la principale absente des fêtes à son honneur ? Certes, la Région fut régulièrement citée dans les discours, dans les interviews des uns et des autres mais tant dans les propos de la majorité que de l’opposition cela manquait de perspectives, de souffle… ou plus justement, comme si on le retenait, ce souffle.

L’avenir incertain

La Wallonie politique aura traversé une législature marquée d’une coupure nette concrétisée par l’affaire Publifin, la gouvernance et le changement de majorité au sein de la seule majorité wallonne. Difficile dès lors de se projeter. PS-cdH-MR ont tous partie prenante mais pas suffisamment pour être totalement impliqués. Cela vaut même pour les centristes-humanistes, vassal de l’un puis de l’autre mais jamais moteur principal de l’attelage.

Le cours politique actuel s’écoule au rythme de ce que sera le fédéral après mai 2019 et de ce que les élections communales du 14 octobre apporteront comme premiers éléments. Le fait régional – cela vaut aussi pour Flandre et Bruxelles- passe au second plan. Un peu comme s’il n’était qu’un avatar d’autres rendez-vous électoraux ou politique.

Après le " coup " de B. Lutgen en juin 2017, la vaisselle wallonne a été cassée. Comment la recoller ?

… ou trop certain ?

Le MR a apporté sa colle mais en précisant d’emblée, que vu le manque de temps, il ne pourrait être reconnu responsable de tout. Le volontarisme ne suffit pas. Pour l’avenir, Olivier Chastel et Willy Borsus ont assuré le service minimum : continuer avec le cdH… si c’est possible. Depuis les élections de 2014, aucun sondage n’a montré que la reconduction de l’alliance actuelle puisse être possible. Les chiffres sont têtus. Les souhaits du PS (avec ECOLO et DéFI) ou de la FGTB (PS-ECOLO-PTB) restent tant arithmétiquement que surtout politiquement, aléatoires.

Les deux principaux protagonistes risquent de devoir constater qu’ils n’auront d’autres choix que de lier leur sort. Reste à voir aussi qui arrivera en tête. Le MR paraîtra bien dépourvu si arrivé en tête, il constate qu’une alliance avec le cdH est numériquement insuffisante.

Les élections provinciales, les oubliées du 14 octobre, pourraient apporter un premier élément de réponse. Elles constituent un sondage grandeur nature où chaque formation se présente partout sous ses couleurs.

PS et MR dirigent ensemble les provinces de Hainaut, Liège et du Brabant Wallon. Ils comptent à nouveau y faire de même et pourquoi pas y ajouter Namur.

De quoi peut-être recommencer à recoller la porcelaine… entre socialistes et libéraux, cette fois.

 

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK