Wallonie et Bruxelles: oser... oser le débat

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La Communauté Française –en son état actuel – est aujourd’hui dépassée par les faits. Ainsi s’exprimait le ministre-président de l’institution, le 27 septembre… 1992 ! 23 ans plus tard les propos de Bernard Anselme résonne semble-t-il, à nouveau au PS.

Une rémanence régionaliste

Il y a 70 ans, jour pour jour, le Congrès National (sic) Wallon se prononçait pour l’autonomie de la Wallonie, après avoir dans un premier temps, suggéré le rattachement à la France.

On y est toujours…

La Wallonie semble toujours avoir eu peur de ses propres audaces en matière de régionalisation et la première force politique du sud du pays en porte toujours les stigmates. C’est le même parti qui a pris ses distances avec André Renard, exclus certains de ses membres pour " déviance régionaliste " au MPW, soutenu la Royauté ou plaidé récemment pour un nationalisme francophone (Di Rupo, Demotte) d’un part et porté le fer régionaliste autour de José Happart, Guy Spitaels, Jean-Claude Van Cauwenberghe ou Jean-Claude Marcourt, d’autre part.

Une nouvelle génération a pris le relais, via une carte blanche mais le PS reste prudentissime sur le sujet… il ne faut pas effrayer l’électeur wallon, que l’on sait peu régionaliste. Le dernier baromètre RTBF-La Libre l’a encore illustré.

Face à une région bruxelloise qui a trouvé ses marques et qui s’affirme, la Wallonie semble toujours quelque peu se chercher.

Des députés MR wallons (Jeholet, Crucke) avaient entonné les trompettes du régionalisme, ce qui était plus surprenant dans une formation historiquement " communautariste ". Au PS, certains ont dû se sentir vexé et il fallait montrer que le " combat " wallon restait aussi une préoccupation socialiste.

Divisé et prudent

Mais dans les deux formations, la question fait débat comme au CDH où Lutgen et Milquet ne doivent pas avoir la même grille de lecture des évènements.

Les formations politiques se retrouvent face à un dilemme : oser le débat interne et afficher ses divergences ou remettre le sujet sous le boisseau et se retrouver comme à chaque fois les partis francophones face à une échéance institutionnelle : sans projet.

L’absence d’échéance électorale proche devrait permettre aux partis d’enfin oser le débat, et pourquoi pas tous autour d’une même table, loin des stratégies d’appareil et du " court-termisme " habituel ?

 

@PhWalkowiak

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir