Vers une scission soft de la Belgique ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le confédéralisme (soit une scission-soft de la Belgique) s’est invité dans la campagne électorale. La N-VA est retournée à ses premières amours.

Dans une interview instructive à L’Echo, Jan Jambon, le candidat Premier Ministre des nationalistes, précise les choses. Et au préalable, il n’hésite pas égratigner la stratégie du MR depuis 2014, et la manière utilisée pour contourner l’ " impasse " de gouverner avec une Wallonie qui vote à gauche :  la seule manière dont on a pu passer à travers cette impasse en 2014, c'est en formant cette coalition suédoise où les francophones sont minorisés. D'ailleurs, je n'ai jamais compris que les francophones aient accepté cela. En Flandre, le gouvernement Di Rupo avait un député trop peu côté flamand et c'était déjà un grand problème... Imaginez: ce n'est pas normal qu'on doive faire un gouvernement où une des deux Communautés est à ce point surreprésentée juste pour avoir une majorité. Il confirme ce que la N-VA disait dès 2014 : le gouvernement fédéral est un gouvernement flamand avec un Premier Ministre francophone.

Axe PS-NVA

L’ex-vice-Premier valide ainsi l’analyse de l’opposition francophone (et largement majoritaire au sud du pays). Charles Michel aurait donc selon lui, accepté l’inacceptable.

La N-VA a mis le communautaire au frigo pendant cinq ans, elle revient cette fois avec un menu confédéraliste… sans dire comment elle compte le mettre en œuvre ni avec quels alliés.

Dans cette perspective, le MR met légitimement en exergue son action avec la N-VA sur le plan socio-économique. Les libéraux soulignent que PS et N-VA rejouent la partition des " meilleurs ennemis " comme en 2010 ou 2014, avec cet argument : voter PS c’est pousser la N-VA vers plus de confédéralisme.

Mais de son côté, la N-VA ne joue-t-elle pas la carte du pourrissement de négociations au fédéral pour imposer ensuite son calendrier confédéraliste ?

Axe MR-N-VA

Pourtant, jusqu’il y a très peu de temps, le MR appelait à la mise en place d’un gouvernement Michel 2, sur les mêmes bases économiques, avec la N-VA. Le pacte sur les migrations est depuis passé par là.

Le MR reste le parti francophone le plus proche de la N-VA, même si on voit mal comment ils pourront se rabibocher sur le dossier migratoire.

Il n’y a pas de cassure définitive entre Charles (Michel) et moi, concède Jan Jambon.

Si la N-VA revient au fédéral, le MR reste la formation la plus " compatible " … hormis les dossiers communautaires, comme c’est d’ailleurs le cas pour tous les partis francophones.

Mais si la N-VA devient difficilement contournable après le 26 mai, avec notamment à ses côtés un Vlaams Belang ragaillardi, c’est tout le reste de la Belgique qui aura un problème. Et toutes les considérations " axiales " paraîtront alors bien dérisoires. Le confédéralisme (ou scission douce) sera sur la table.

 

@PhWalkowiak

 

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