Vers une nouvelle réforme de l'état

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le PS demande une nouvelle réforme de l’état ! L’information est passée relativement inaperçue en ce début de vacances de Pâques. Pourtant, dans une interview à L’Echo, samedi dernier, le président du parti, Elio Di Rupo souhaite revoir la loi de financement, autrement dit le mécanisme qui répartit l’argent de l’impôt entre régions et communautés. Dans ce pays, une réforme de la loi de financement a toujours été liée à une réforme des institutions.

De l’argent pour les Wallons et Bruxellois…

La loi de financement a été ficelée en 1989 par Jean-Luc Dehaene et ses Toshiba-boys. Les négociateurs francophones de l’époque (Spitaels, Moureaux, Deprez) ont été roulés dans la farine par les mécanismes de calcul imposés subtilement par la Flandre.

Le transfert d’argent du nord  représente grosso modo six à huit milliards par an. Une partie sensible de ces transferts diminuera dès 2025 pour s'éteindre en 2035.

La richesse de la Wallonie n’augmentera pas de manière significative d’ici là. L’écart entre le Nord et le Sud ne se réduit pas, encéphalogramme plat, constate Philippe Destatte, directeur de l’Institut Destrée.

Tout cela fait dire à Elio Di Rupo qu’il convient de revoir la loi de financement, fondée sur l’Impôt des Personnes Physiques (IPP) qui avantagerait mécaniquement la Flandre plus riche. Le président du PS voudrait que l’on tienne compte de la … superficie (la Wallonie représente alors 52% du pays).

… contre plus d’autonomie pour la Flandre.

Les Francophones se sont toujours " fait avoir " quand il s’est agi de calculer les clés de répartition (SNCB, travaux publics, etc.). C’est un fait. Depuis 1989, ils tentent de corriger le tir. Ce fut le cas lors des deux dernières réformes de l’état. Mais en échange, la Flandre demande des compensations : les lois communales et provinciales lors de la 5ème, les allocations familiales lors de la 6ème, par exemple.

Et pour changer la loi de financement, même pas besoin de chipoter dans la boîte de Pandore constitutionnelle si chère présentement au MR. Mais bien une solide majorité des 2/3 et dans chaque groupe linguistique.

Se profile alors le scénario d’une Flandre présidée par Bart De Wever, un gouvernement fédéral quasi-impossible à constituer après le 26 mai… et un nouveau round communautaire dans la foulée pour tenter de dépatouiller une situation à nouveau inextricable.

La porte d’une nouvelle réforme de l’état, autour d’un axe PS-N-VA, semble entrouverte. Mais chuuut ….

 

@PhWalkowiak

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