Vers une coalition truc-machin-brol

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La peur du vide. La classe politique belge (ou ce qui en tient lieu) ne sait plus à quel saint se vouer. Au niveau fédéral, aucune solution, aucune coalition ne se dégage. Chacun a de bonnes raisons, celles-ci sont même parfois légitimes.

400 jours que cela dure

Après avoir fantasmé sur une coalition alliant PS et N-VA, puis une autre sans la N-VA avec pratiquement tous les autres à bord, voilà à présent celle sans le PS mais avec la N-VA, en attendant sans doute d’autres fantasmes arithmétiques du style tous les partis flamands au pouvoir avec des membres du PP ou Alain Destexhe en guise de ministres francophones, puisque, constitutionnellement, il ne faut pas être élus pour siéger au gouvernement ! Autant dire que l’on commence à atteindre les limites de l’envisageable.

On notera qu’il n’est que très rarement question de programme, de projets ou d’actions à mener. Généralement, cela reste au stade de l’assemblage de couleurs avec si possible un nom rigolo. Qu’un pays au centre de l’Europe ne dispose plus d’un véritable gouvernement depuis bientôt 400 jours [1] en devient dérisoire.

Rendre l’incompatible compatible

Avant et pendant le scrutin, tant PS que N-VA ont proclamé qu’ils ne gouverneraient jamais l’un avec l’autre. Au nom de quoi devraient-ils renier leurs engagements ? Les deux formations ont de plus connu un lourd échec électoral, en partie imputable à certaines formes de renoncement d’engagements antérieurs.

Au CD & V, lui aussi au plus bas électoralement, on insiste inlassablement sur le fait que le prochain gouvernement fédéral doit reposer sur une majorité en Flandre, la plus importante communauté du pays, où justement les deux premières formations politiques postulent la disparition de la Belgique.

Les succès du Vlaams Belang et du PTB illustrent en outre que pour le citoyen-électeur, l’heure n’est plus au compromis.

Face à ce choc des légitimités, le système belge surchauffe, imagine un peu n’importe quoi et cale irrémédiablement. Les institutions n’ont pas été conçues pour cela.

Des informateurs travaillent ou en tout cas restent censés le faire.

Nom de la future coalition : la " quadrature du cercle ".

 

@PhWalkowiak

 

 

 

[1] Le 25 janvier prochain, cela fera 400 jours que la démission du gouvernement Michel a été acceptée par le Roi (21 décembre 2018).

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