Vers le confédéralisme, et au-delà !

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Enferrée par trois semaines de négociations discrètes avec l’extrême-droite sur un programme pour la Flandre et mis sous pression par ses ex-alliés, la N-VA tente de desserrer l’étreinte en tapant sur son adversaire préféré, le PS, subitement accusé de ne pas vouloir discuter au fédéral, alors que les nationalistes ont martelé pendant des mois que la seule chose à discuter avec le PS c’était le confédéralisme.

Enferré dans des négociations wallonnes pour une majorité impossible avec ECOLO, le PS ne peut réaffirmer que ce qu’il a toujours dit : on ne discute pas avec la N-VA, même si Elio Di Rupo a souvent laissé planer le doute sur cette détermination.

L’appel de l’électeur

Les deux principaux partis du Royaume, leader dans leur Communauté mais amoché par de mauvais scores électoraux pansent encore leurs plaies. De plus, la priorité est à la formation des exécutifs régionaux et communautaires. Et pour ce faire, PS et N-VA n’optent pas pour la voie la plus tranquille mais d’un certain point de vue, ils témoignent plutôt d’avoir entendu " l’appel de l’électeur " : le Flamand qui a voté (très) à droite et le Wallon qui a voté sensiblement à gauche. Le fédéral attendra.

La tâche est ardue et à ce stade, ces gouvernements minoritaires en gestation ne passeraient pas la rampe de l’installation.

Mais une chose semble malgré tout acquise : les entités fédérées disposeront d’un gouvernement avant le fédéral, mais plus tardivement que lors des précédentes formations. Et surtout : la Flandre gouvernera-t-elle à droite toute, et la Wallonie à gauche ?

" Confédéralisme " reste un gros mot

Dans toutes ces manœuvres, la N-VA pourrait amener les Francophones (PS en tête) là où ils ont toujours refusé d’aller : former un gouvernement fédéral sur base des exécutifs régionaux/communautaires. Autrefois, on formait les gouvernements fédéraux et on décalquait grosso modo la coalition sur les entités fédérées.

En 2014, la volonté du CD & V de mouiller la N-VA, l’empressement du PS et le cavalier seul du MR ont brisé la tradition.

Le canevas habituel a vécu d’autant que ceux qui l’ont conçu (les partis traditionnels) constituent les grands perdants du dernier scrutin. En Flandre, les (4) partis traditionnels n’ont même plus de majorité.

Un mois après le scrutin, la mise en place d’un gouvernement fédéral demeure une chimère et risque de le rester. La mission des informateurs royaux va tourner court. Et la petite musique du confédéralisme va se faire entendre tout l’été, automne, hiver, etc.

@PhWalkowiak

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