Vaccination contre le coronavirus : un "reset", juste pour dire

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La Flandre va donc vacciner ses plus de 85 ans de suite ; pour Bruxelles, ce seront les plus de 75ans et la Wallonie va contacter ses plus de 65 ans par mail pour ce faire. Si quelqu’un peut expliquer ces différences d’approche qu’il fasse signe ! Le ministre fédéral de la Santé se réfugie derrière une très diplomatique et très pudique excuse logistique.

A noter, fait rare, la Flandre accepte ainsi implicitement un traitement différent pour ses "ressortissants" habitants la région de Bruxelles-Capitale.

Changer pour ne rien changer

Le week-end dernier pourtant, ce même ministre de la Santé constatant les "couacs" à répétition dans la campagne de vaccination décrétait que celle-ci avait bien besoin d’un sérieux "reset".

Dans la foulée, on apprenait que la gestion des convocations était entre les mains d'une petite société toute récente du Brabant flamand. Au méga-centre du Heysel, les files interminables succédaient aux salles désertes.

Le système des convocations devait être simplifié, les généralistes plus étroitement associés. Finalement, la Belgique se limitera à exécuter les recommandations de l’Agence européenne du Médicament, avec la coquette particularité de trois disparités régionales.

Après deux mois de vaccination, seulement 5,7% de la population a été vaccinée ! Rappel : l’objectif est d’atteindre 70% pour l’été. Il reste six mois et à part croiser les doigts, en râlant quelque peu, n’en déplaise à Erika Vlieghe, le citoyen ne peut que prendre son mal, ce mal de la mauvaise gestion qui va des masques aux vaccins en passant par les tests et le tracing, en très grande patience.

Cela commence à craquer

Puisqu’on ne voit pas de réels changements dans la stratégie de vaccination, que les perspectives se réduisent, que la contamination ne baisse pas réellement, que les hospitalisations restent élevées malgré les efforts incessants des citoyens, le "advienne que pourra" a tendance à se généraliser.

Rien qu’en Wallonie, l’objectif était de vacciner pour fin mars, 24.000 personnes… par jour ! Bilan actuel : moins de 150.000 en deux mois.

Mais c’est promis ! Tout cela va s’accélérer. Chaque région peaufine donc sa stratégie.

Le prochain Comité de Concertation restera limité dans sa communication : la vaccination tarde, la contamination reste forte. Seule éclaircie possible dans la grisaille : des perspectives. Pour des étudiants claquemurés depuis un an face un écran ou des citoyens perplexes et dubitatifs qui ont bien raison de râler. C’est tout ce qui leur reste ou presque.

@PhWalkowiak

Stratégie de vaccination: JT 03/03/2021

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