Vaccin AstraZeneca: principe de précaution politique

Coup de froid sur l’Astra Zeneca. Toute l’Europe renonce temporairement au vaccin suédo-britannique. Toute l’Europe ? Non ! Une Nation (qui l’est si peu pour certains) maintient le cap dans la tempête. Avec à la barre (politique), un seul homme : Frank Vandenbroucke. Il persiste et signe. La vaccination Astra Zeneca doit se poursuivre.

Seul

Non sans s’appuyer sur les scientifiques du Conseil Supérieur de la Santé, Frank Vandenbroucke assume la responsabilité politique de la poursuite de la vaccination telle que prévue initialement. On notera qu’alors que la plupart des décisions du ministre fédéral de la Santé font généralement l’objet de commentaires ou de critiques dans le landerneau politique large, cette fois, pas d’interventions marquantes. Ni pour le contredire, ni pour le soutenir franchement.

Face à l’Europe, face à tous les pays voisins, Frank Vandenbroucke reste dans ses certitudes. Politiquement risqué. Mais n’est-ce pas le propre des hommes/femmes d’état ? Prendre le risque de se tromper, le risque d’emmener la population dans l’erreur. Ou pas.

Pression européenne

La suspension du vaccin Astra Zeneca s’est répandue comme une traînée de poudre dans toute l’Europe. Principe de précaution. Sanitaire … ou politique ?

Nos trois voisins sont en campagne électorale et la gestion de la pandémie par les autorités est devenue par la force des évènements, le quasi-seul thème de la campagne.

Les Pays-Bas votent depuis lundi. Mark Rutte joue sa carrière. L’Allemagne votera en septembre mais les régionales du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie-Palatinat viennent de résonner comme un coup de semonce pour la CDU, largement battue. La France pense déjà "présidentielle 2022" et connaîtra des régionales en juin. Le président Macron joue sa réélection sur la gestion de la pandémie.

Dans ces cas-là, on ne prend généralement pas de risques politiques. Surtout si des institutions scientifiques émettent des réserves.

Frank Vandenbroucke, 65 ans et même pas candidat aux dernières élections, prend le pari qu’il n’a pas grand-chose à perdre. Politiquement. Mais il engage la santé de milliers de citoyens. Le risque " zéro " n’existe pas et le socialiste tente de rester rationnel. Dans une période qui l’est peut-être de moins en moins.

Le principe de précaution n’est-ce pas aussi de prendre précaution de la santé de ses concitoyens ? Avec vaccin ou pas ? Frank Vandenbroucke a sa réponse.

 

@PhWalkowiak

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